
"Les grands ne sont grands que parce que nous sommes à genoux:
Levons-nous!"
CHRONIQUE DES ÉVÉNEMENTS
SURVENUS DANS LE ROYAUME DE FRÉNÉSIE
par un piéton de Paris
1
Les frontières ravagées, fondées dans un immense royaume de Frénésie, les hommes voulant du progrès et le progrès voulant des hommes, voilà ce que furent ces noces énormes. L'humanité s'ennuyait, elle brûla quelques Dieux, changea de costume et paya l'Histoire de quelques gloires nouvelles.
Céline, Semmelweis, p. 1.
L'affaire Garaudy
ou comment la presse est allé porter la bonne
nouvelle révisionniste jusqu'aux dernières chaumières
du royaume
Il y a bien longtemps que l'écrivain Roger Garaudy a
quitté le centre de la scène politico-médiatique de
la Frénésie pour continuer une existence marginale due au
fait qu'il s'est converti à l'islam, ce qui est mal vu dans ce royaume,
et que non content de se faire et se dire musulman, il a parlé contre
Israël, puissance occupante de la terres palestinienne, terre des
messages divins, selon le titre de l'un de ses derniers livres, parus aux
éditions de l'Albatros en 1986.
Si les journalistes n'étaient pas des idiots incultes, ils auraient vu, dans le dernier livre de Roger Garaudy toute la matière de celui que je viens de citer et qui était donc de 10 ans antérieur. Les questions de théologie et d'héritage de la tradition abrahamique (voir dans Le Monde du 17 février 1987 un compte rendu de la Rencontre abrahamique internationale organisée par Roger Garaudy à Cordoue en février 1987) sont essentielles aux yeux de l'auteur. Il apparaît, à beaucoup de ceux qui se disent chrétien et à la quasi totalité de ceux qui se disent musulmans, qu'il est impossible de reconnaître une légitimité quelconque à l'entreprise politique et militaire que l'on appelle Israël et qui occupe actuellement la Palestine par la force. Ils aboutissent ainsi, grosso modo, aux même conclusions que d'autres observateurs qui, sans entrer dans des considérations de nature religieuse, se contentent de remarquer que la force ne crée pas le droit, que les souffrances passées des uns ne justifient nullement d'en infliger de nouvelles aux autres et que, tout simplement, on ne va pas s'emparer de la terre des autres, au nom de considérations historiques aussi vaseuses que contestables.
Ces mêmes observateurs ont noté que pour protéger
leur entreprise de brigandage et de terrorisme, les tenants d'Israël,
qui se disent sionistes , cherchent à lier l'existence de leur administration
occupante au sort malheureux des communautés juives d'Europe orientale
pendant la seconde guerre mondiale. C'est cet amalgame ridicule qu'ils
ont réussi à imposer comme "vision historique"
au monde de la presse par le chantage à l'antisémitisme.
Ce chantage est d'ailleurs pratiqué sur une vaste échelle
dans le monde politique, celui de la culture et, on le verra, dans celui
de l'église.
La seule véritable nouveauté dans l'ouvrage de Roger Garaudy
publié par la Vieille Taupe en décembre 1995 était
un chapitre sur le révisionnisme. On sait généralement
que le terme, dans son sens restreint, désigne la contestation de
l'existence des chambres à gaz comme abattoirs industriels dans
les camps de concentration allemands lors de la deuxième guerre
mondiale.
D'un auteur devenu marginal par le fait que ses positions l'écartaient du centre de la vie politique en Frénésie, publié par un éditeur habituellement harcelé par toutes sortes de frénétiques de la police de la pensée, le livre ne devait pas connaître une grande carrière. Si la Frénésie n'était pas la Frénésie, il aurait touché quelques lecteurs avertis.
Mais les idiots vigilants étaient là. Bien décidés à faire sonner les trompettes de la renommée, ils commencèrent dès le lois de janvier à faire ce qui fait les délices de l'intellectuel frénétique, à casquette et à boutons dorés, dénoncer. Il fallait d'urgence dénoncer Garaudy, l'ostraciser, l'entourer de barbelés, le clouer au pilori parce que, pensent ces puissants calibres, la survie d'Israël est à ce prix, l'immunité des juifs aussi, puisqu'on peut toujours imaginer le pire et que ça ne coûte pas cher. Il a fallu plusieurs mois de cette danse grotesque pour que l'un d'entre eux, un vieux renard qui a suivi ces affaires depuis leur début, Jean-François Kahn ne tire la sonnette d'alarme. On lira plus loin sa contribution.
Le chroniqueur va se contenter de reproduire les documents les plus
marquants, agrémentés de commentaires de plusieurs piétons
de Paris qui n'ont pas voulu que d'aussi splendides âneries passassent
à la postérité sans un mot de salutation.
Revue de Presse du 26 janvier 1996
(commentaires majuscules d'un piéton de Paris)
Ce que j'ai lu dans le Monde, et c'est une mauvaise surprise,
c'est la fin du supplément littéraire de ce journal. C'était
dans le Monde daté du vendredi 26 janvier, et je me suis
demandé si je devais le lire ou le passer sous silence, et puis,
euh, quelque chose me dit qu'il faut porter ça à votre connaissance.
Alors, voici, ce sont quelques lignes sur l'attitude de Roger Garaudy.
Bon, Roger Garaudy a été exclu du parti communiste français
il y a quelques années. C'est un intellectuel français. euh.
de bonne qualité. et renommé. Il s'est converti à
l'islam, bon, et, euh, il publie aux éditions de la Vieille Taupe
peuh La Vieille Taupe c'est une maison d'édition qui s'est spécialisée
depuis quelques années dans la diffusion d'écrits négationnistes,
on disait révisionnistes avant, (AVANT QUOI? AVANT QU'UN SPÉCIALISTE
DE LA PROPAGANDE INVENTE CE TERME CREUX DE NÉGATIONNISTE QUI PERMET
D'ÉVITER DE VOIR LES PROBLMES EN FACE) ct dans le numéro
2. euh, de ce cet organe de critique et d'orientation postmessianique je
me demande s'il faut vous le dire, hein, bon, (C'EST LA TERRIBLE CRISE
DE CONSCIENCE DU CENSEUR) mais enfin. qui a été publié,
euh, l'hiver 95. l'hiver dernier. Euh, on lit, on découvre un texte
de monsieur Roger Garaudy intitulé les Mythes fondateurs de la politique
israélienne que, nous dit le Monde. semble-t-il, l'auteur
désespérait d'éditer en France. Alors, il a trouvé
la Vieille Taupe, qui était l'éditeur de monsieur Faurisson
autrefois, et dans cet ouvrage, qui paraît sous le manteau, euh.
on trouve un chapitre élogieux, consacré, je cite, aux historiens
révisionnistes, et le même Garaudy. converti à l'islam,
se permet de parler du procès de Nuremberg, (C'EST VRAI, QUEL TOUPET
DE LA PART D'UN TYPE CONVERTI À L'ISLAM D'OSER DONNER SON AVIS SUR
NUREMBERG. C'EST UN DROIT QUE SA CONVERSION LUI TE, D'APRES IVAN LEVA )
et il dit: c'était un procès des vainqueurs, un procès
des vainqueurs fait aux vaincus. Bon. (LEVA N'A PAS D'INTERPRÉTATION
À OFFRIR) Il parle aussi du film de Claude Lanzmann, du très
beau film de Claude Lanzmann, Shoah: C'est un interminable navet.
(FRANCHEMENT, ON NE PEUT MIEUX DIRE) Il parle aussi du Journal d'Anne
Frank: c'est un document douteux . dit-il, euh, propre au Shoah-business.
C'est toujours lui qui parle. Quant à l'holocauste, Monsieur Roger
Garaudy dit que ce n'est qu'un mythe.
(IL N'EN PEUT PLUS, LEVA. IL FAUT BIEN SE RENDRE COMPTE QUE C'EST GR CE A DES TYPES COMME LUI QUE LES LIVRES RÉVISIONNISTES SE VENDENT COMME DES PETITS PAINS. QUAND LES GENS NORMAUX ENTENDENT LES ÉRUCTATIONS FURIEUSES D'UN LEVA, ILS COMPRENNENT AUSSIT T QU'IL Y A ANGUILLE SOUS ROCHE ET QU'IL FAUT Y ALLER VOIR. MERCI, MONSIEUR LEVA.)
Le Monde, 31 janvier 1996
(Extrait)
Né le 17 juillet 1913 à Marseille, d'une mère ouvrière
et d'un père comptable et mutilé de guerre, M. Garaudy est
agrégé de philosophie. Récemment encore, il accordait
des entretiens à l'Humanité et fréquentait
les fêtes organisées dans différentes fédérations
du parti communiste. Exclu du PCF en 1970 pour s'être opposé
à Georges Marchais et à la normalisation de la Tchécoslovaquie,
il faisait partie de ces anciens communistes avec lesquels la nouvelle
direction du parti tentait de renouer. Depuis son éloignement du
communisme, M. Garaudy a prolongé un parcours religieux sinueux.
Converti très tôt, à quatorze ans, au protestantisme
(ses parents étaient athées), il avait fait un bref passage
par le catholicisme avant d'annoncer à grand bruit. en 1982, sa
conversion à l'Islam. Cela ne l'avait pas empêché de
publier une défense posthume du communisme soviétique dans
un ouvrage intitulé Souviens-toi : brève histoire de l'Union
soviétique, publié par la maison d'édition le
Temps des cerises, proche du PCF. en 1994 (Le Monde diplomatique,
de septembre 1994).
Lobby juif
Comme pour plusieurs autres anciens rouges passés de l'autre côté du miroir, du côté des bruns , la guerre du golfe semble avoir été chez lui un moment décisif (le Monde du 16 juin 1993).
Antisioniste, anti-israélien. anticapitaliste, musulman, son camp était choisi d'avance: celui de l'lrak et de Saddam Hussein, non dans une logique de paix, mais dans l'optique d'une victoire de ce dernier contre une guerre coloniale.
C'est aussi sur la base de son opposition à la création d'Israël et de la dénonciation de ce qu'il appelle les mythes théologiques (terre promise et peuple élu) que M. Garaudy glisse vers la thèse d'un complot du lobby juif au sortir de la guerre et réclame l'abrogation de la loi sanctionnant la négation des crimes contre l'humanité.
Le judaïsme n'est pas en cause, mais la politique israélienne, affirme M. Garaudy en se défendant de tout antisémitisme. Il ajoute: Je révise simplement les conclusions du procès de Nuremberg et les principes qui l'ont fondé. Le doute n'est pourtant pas permis. Tout au long des deux cent trente sept pages du livre, citant notamment le révisionniste anglais David Irving. connu pour ses relations avec les néo-nazis allemands, nie le projet d'extermination de Hitler à l'encontre des juifs, nie l'existence des chambres à gaz, nie le génocide.
Le MRAP (Mouvement contre le racisme et pour l'amitié entre les peuples) a porté plainte. (C'EST DE L'INTOX) lundi 29 janvier, pour provocation à la haine et diffamation raciale, contre M. Garaudy et co
Garaudy consacre le chapitre 11 de son texte au mythe de la justice
de Nuremberg. Comme tous les négationnistes, il avance que le tribunal
qui jugea les criminels nazis rendit une justice de vainqueurs, (QUOI D'AUTRE
SINON ?) que les juifs souffrirent certes de la guerre, mais au même
titre que toute la population civile et qu'au demeurant des atrocités
furent commises dans les deux camps. Pour étayer sa démonstration,
l'ancien intellectuel du PCF appelle à la rescousse les citations
habituellement maniées dans ces cas-là : déclarations
de Churchill recueillies de seconde main. mémorandums aussi secrets
qu'improbables du même, (CECI MONTRE QU'IL Y A DES TEXTES DE CHURCHILL
QU'UN JOURNALISTE MOYEN DE "LIBÉRATION" NE PEUT PAS CROIRE)
déclarations de l'écrivain soviétique llya Ehrenbourg,
citées par l'amiral Doenitz, etc. (AVEC OU SANS DOENITZ, LES APPELS
AU MEURTRE LANCÉS PAR EHRENBOURG SE SUFFISENT À EUX-MEMES).
Le tout pour conclure que ni Churchill, ni Staline, ni Truman ne furent
assis au banc des criminels de guerre. (VRAI OU FAUX?)
Le troisième chapitre s'intitule le mythe de l'Holocauste. Son axiome
se base: le génocide n'a pas eu lieu, d'abord parce que le terme
est impropre. Selon Garaudy. les seuls génocides connus sont ceux
cités par la Bible. On ne s'étonnera pas alors qu'il
s'agisse des exterminations sacrées commises par les Hébreux
pour prendre la terre des Cananéens et des Philistins.
S'il se défend de tout antisémitisme si on lit le livre, on se rend compte qu'il ne s'agit pas le moins du monde de toucher à la foi juive, mais au mythe fondateur de la politique israélienne. Le judaïsme n'est pas mis en cause mais la politique israélienne . a-t-il confié à l'AFP, Garaudy ne se prive d'aucune thèse négationniste dans son ouvrage. Pierre Guillaume, directeur de La Vieille Taupe, compte d'ailleurs réaliser au cours de l'année 1996 une deuxième édition publique de cet article. En s'appuyant ainsi sur un universitaire connu, un conférencier apprécié[ ]. un homme indiscutablement de gauche, il espère provoquer un émoi contre la censure dont il s'estime frappé.
Les dernières frasques de Roger Garaudy ont été
tristement commentées par l'Humanité. [ ]
Le parti de la place du Colonel-Fabien (I. E. COMMUNISTE) est d'autant
plus embarrassé que son ancien philosophe officiel s'était
rapproché de lui ces dernières années. Celui-ci n'était-il
pas parmi les invités de l'Heure de vérité de
Robert Hue lors de la tête de l'Humanité en 1994 ?
Pourtant, Roger Garaudy n'est pas passé brusquement ces jours-ci
dans le camp antisémite.
(MAINTENANT LE JOURNALISTE-FLIC VA SORTIR SES FICHES DE POLICES. IL
N'A ÉVIDEMMENT LU AUCUN DES ARTICLES QU'IL VA CITER. CE QUI COMPTE,
C'EST L'ENDROIT O ILS ONT ÉTÉ PUBLIÉS): Depuis 1991,
il a collaboré au moins à deux reprises à une revue
trimestrielle Nationalisme et République qui se réclame
de Jacques Doriot et de Céline. Dans les numéros 7 et 8.
sa signature voisine avec celle des Jean-Gilles Malliarakis. vieux routier
de l'extrême-droite, Bernard Notin, négationniste connu, Robert
Steuckers, fasciste belge, Jean-Jacques Mourreaux. qui fut proche de Le
Pen avant de s'en éloigner. Garaudy a également donné
des textes à Krisis, la revue d'Alain de Benoist, inventeur
de la Nouvelle droite. (COMME BEAUCOUP D'AUTRES AUTEURS DE GAUCHE)[ ]
Philippe Rochette
Le Figaro du 15 février 1996 consent à donner à
Roger Garaudy la possibilité de répondre. On trouve ceci
en page 2:
Roger Garaudy répond
Polémique sur le dernier livre de l'écrivain philosophe
Le Mrap poursuit l'auteur en justice.
Le Figaro du 31 janvier rapporte, sous le titre L'affaire
Garaudy , une polémique soulevée par mon livre: Les Mythes
fondateurs de la politique israélienne (1).
Je remercie d'abord l'auteur de l'article d'avoir situé mon livre dans la trilogie que j'ai consacrée à ce que je crois être la maladie mortelle de notre temps: l'intégrisme.
Sur les intégrismes chrétiens dans Vers une guerre de religion (Ed. Desclée de Brouwer). Sur les intégrismes musulmans dans L'Islamisme, maladie de l'lslam (Ed. Le Temps des cerises). Sur le sionisme politique avec Les Mythes fondateurs de la politique israélienne.
L'on me reproche d'avoir dit que le tribunal de Nuremberg constituait le dernier acte de la guerre. Je cite en effet, à la page 73, le procureur général des États-Unis, Robert A. Jackson, qui présidait à Nuremberg et déclarait à la séance du 26 juillet 1946: Les Alliés se trouvent encore techniquement en état de guerre avec l'Allemagne ce tribunal représente une continuation des efforts de guerre des Alliés.
L'on me reproche de mettre en doute le chiffre de 6 millions de morts juifs dans 165 camps de concentration. Je cite en effet (p. 106) le directeur de l'institut d'histoire du temps présent au CNRS, M. François Bédarida, écrivant à propos d'Auschwitz (Le Monde du 23 juillet 1990): Le chiffre de quatre millions, ne reposant sur aucun base sérieuse, ne pouvait être retenu Si l'on s'en rapporte aux travaux les plus récents et aux statistiques les plus fiables c'est le cas de l'ouvrage de Raoul Hilberg, Destruction des Juifs d'Europe (Fayard, 1988), on aboutit à environ 1 million de morts à Auschwitz. Un total corroboré par l'ensemble des spécialistes jusqu'à aujourd'hui, ceux-ci s'accordant sur un nombre de victimes oscillant entre 950 000 au minimum et 200 000 au maximum.
Je rappelle en outre que la plaque à l'entrée du camp, jusqu'en 1994, donnait le chiffre de 4 millions de morts, et qu'elle a été remplacée depuis par une autre: 1 million et demi.
Il ne s'agit pas d'une comptabilité macabre. Il s'agit de dénoncer
des falsifications qui, en gonflant le nombre d'une catégorie de
victimes, estompe, et par conséquent minimise, les crimes de Hitler
en les réduisant à un vaste pogrom, faisant oublier les 50
millions de victimes de cette guerre, et en particulier, par exemple, les
17 millions de Slaves, et notamment de Russes, qui, à partir de
Stalingrad, ont fait refluer les armées hitlériennes, libérant
ainsi l'Europe de l'horreur nazie.
R. G.
Écrivain.
(1) Publié par la maison d'édition (interdite) La Vieille
Taupe (QUI N'EST NULLEMENT INTERDITE).
Pendant que cette affaire commence à bouillonner dans les cervelle
folles au bord de la Seine, d'autres s'exhibent sur les bords du Saint
Laurent. Et comme il faut saisir les bons moments quand ils passent, nous
cédons au plaisir d'avoir avec nous l'inénarrable Hilberg,
celui qui est une star pour les adversaires du révisionnisme. On
se souvient de la façon dont il a été torché
au procès de Zündel à Toronto. Lui, ce qui l'énerve
c'est qu'on fasse tout un plat de l'autre star, la môme Hannah Arendt.
Règlement de compte à OK Corral :
Le Devoir (Montréal), 26 février 1996
Exécuteurs, victimes, témoins
Vienne, 10 novembre 1938. Dans tout le Reich -- et donc en Autriche,
depuis l'Anschluss --, les nazis arrêtent des dizaines de milliers
de juifs, dont Michael Hilberg. Comme le petit entrepreneur est un vétéran
de la Première Guerre mondiale, les bourreaux le relâchent
à la condition expresse qu'il s'expatrie. Une mesure exceptionnelle,
puisque Raoul Hilberg, son fils unique a par la suite calculé que
ce jour fatidique, environ 27 000 victimes juives ont été
envoyées dans les camps de concentration.
Les expatriés malgré eux ont pris le train pour la France. En avril 1939, un navire britannique les emmenait vers Cuba. Ce bateau parti de La Rochelle concentrait les problèmes du monde à la veille de la Deuxième Guerre mondiale . dit Raoul Hilberg, qui n'arrête décidément jamais d' historiciser sa propre histoire Un tiers des passagers étaient juifs; un autre tiers, des Sud-Américains, avaient combattu dans les Brigades Internationales, en Espagne ; et il y avait aussi beaucoup de Chinois qui avaient fui leur pays après l'invasion japonaise et qui voulaient se réfugier au Chili ou ailleurs.
La famille Hilberg est finalement arrivée en Amérique le jour même où l'Europe entrait en guerre. Le jeune Raoul avait 13 ans. C'est là que j'ai subi un choc culturel, dit-il. Moi, j'aimais bien Cuba: pas d'école, le soleil Et je pouvais suivre les débats politiques entre les communistes et les autres, ce qui m'a toujours passionné Mais aux États-Unis, les gens étaient tellement insouciants de ce qui se passait dans le monde!
Le jeune Hilberg a ensuite perfectionné son anglais, à
Brooklyn. Il est retourné à l'école, puis s'est enrôlé
dans l'armée américaine, le 2 juin 1944, moins d'une semaine
avant le Jour J. A 18 ans, il a débarqué dans son Europe
natale en 1945, il a rejoint sa division, la 45e, qui était déjà
en Allemagne. La situation avait tourné à mon avantage, résume-t-il.
J'avais quitté l'Europe au dernier rang de l'humanité; j'y
revenais dans l'uniforme des vainqueurs, je faisais des prisonniers et
je les interrogeais
Le juif autrichien se sentait donc pleinement Américain ? Vous savez,
même après 40 ans dans cette petite ville[à Burlington],
je ne me sens pas encore tout à fait Américain. Mais à
l'époque, oui, je l'étais, entièrement. Comme les
soldats d'origine allemande catholique. Comme ces pauvres bougres analphabètes
qui ne savaient pas où était l'Europe et pourquoi on se battait
là On se sent toujours davantage américain quand on quitte
l'Amérique, surtout en uniforme.
A la toute fin de la guerre, le soldat a participé à la prise de Munich, la capitale du mouvement nazi. J'ai pu pénétrer dans le quartier général du parti J'ai bouquiné dans la Bibliothèque personnelle d'Hitler.
Des soldats de sa division ont libéré Dachau, mis en place
par les nazis, dès 1933, le camp où son père devait
être envoyé en 1938. Les GI, éc urés parce[SIC]
qu'ils avaient trouvé là, ont alors abattu quelques dizaines
de SS, A Munich, j'ai rencontre un juif, un seul, dans cette ville de 600
000 habitants. Lui-même, son père et sa mère ont été
les seuls membres de leur famille à échapper à la
Shoa. Deux grands-parents, beaucoup d'oncles et de tantes, je ne sais plus
combien de cousins, tous, tous, ont été assassinés
S B (Stéphane Baillargeon)
De son opus magnum, La Destruction des juifs d'Europe, on dit le
Hilberg, tout simplement. C'est que ce livre est de ces grands, très
grands ouvrages, que le public n'appelle plus que par le nom de leur auteur
Cette grosse brique de plus de mille pages, publiée une première
fois en 1961, a été travaillée et retravaillée
pendant des décennies. Des éditions anglaise, allemande et
italienne existent déjà. Une traduction japonaise est en
préparation. La version française, considérée
comme définitive, est parue en 1988, trois ans après la sortie
du monumental film Shoah, de Claude Lanzmann, où intervenait
Raoul Hilberg.
Le Hilberg traite de ce que l'homme a fait de pire à l'homme, de l' uvre planifiée par toute une société pour anéantir la langue, la culture, la mémoire, les traces, jusqu'aux cadavres des juifs du vieux continent. Cette catastrophe, unique dans l'histoire par son caractère systématique, Raoul Hilberg, l'a décrite jusque dans ses moindres détails. Il en a montré les étapes majeures, en a livré l'anatomie, pour finalement exposer comment l'implication de tout un peuple de spécialistes, de comptables, de juristes, d'ingénieurs, de soldats et de simples citoyens, tous ancrés dans leurs rôles et leur respect du travail bien fait pour la mise en uvre de la Solution finale.
Je suis l'homme d'un seul sujet , avoue-t-il, lors d'une rencontre dans un restaurant à quelques kilomètres de l'université de Burlington, au Vermont, où il a enseigné pendant prés de 40 ans. Raoul Hilberg a aussi récemment publié chez Gallimard Exécuteurs, victimes, témoins (1994), où il expose la multiplicité des rôles joués dans le processus génocidaire.
La Destruction des juifs d'Europe a d'abord été une thèse de doctorat en sciences politiques, défendue dans les année 50 à l'université Columbia, de New York. M. Hilberg s'y était inscrit en profitant d'une bourse de vétéran de la Deuxième Guerre mondiale). A l'époque, c'était probablement la meilleure université en Occident, meilleure que Harvard même , dit-il fièrement en citant le nom de ses prestigieux maîtres, Salo Baron, mondialement connu pour ses travaux sur l'histoire juive, ou Franz Neumann, spécialiste du régime nazi.
En 1948, dans un cours sur l'histoire européenne, un professeur
expliquait que les soldats de l'armée de Napoléon avaient
commis, en Espagne, les pires atrocités de l'histoire de
l'humanité -- les Français retournaient par exemple leur
prisonniers [SIC] et les sciaient en deux J'ai levé la main et j'ai
demandé: "Comment qualifieriez-vous la mise à mort de
six millions de juifs? " Le professeur m'a répondu que c'était
une question très compliquée, mais que malheureusement le
cours couvrait une période allant jusqu'en 1930". Cette discussion
de quelques secondes a changé ma vie. Tout le monde demandait qu'on
oublie tout ça. Mais moi. je pensais qu'on ne pouvait pas oublier
ce qu'on ne connaissait pas, ce qu'on ne comprenait pas. J'ai donc décidé
de travailler sur l'holocauste, alors que le mot n'existait même
pas, Même Neumann m'a dit qu'en choisissant ce sujet de thèse
je signais mon arrêt de mort intellectuel.
Les faits, rien que les faits
Dès le départ, l'étudiant entêté a décidé qu'il ne se concentrerait que sur un seul aspect: non pas d'abord le pourquoi, mais le comment, non pas seulement les interprétations, mais la description, jusque dans ses menus détails de l'immense machine de mort. Les faits, les faits, rien que les faits, martèle-t-il en frappant la table du restaurant chinois, près de chez lui, c'est cela qui m'a occupé depuis.
Le chercheur a plongé dans un océan de documents produits par le Reich. la bureaucratie gouvernementale, l'armée, l'industrie et le parti, les quatre composantes fondamentales du régime nazi, selon Franz Neumann. Il a alors mis au jour les phases centrales de la spirale de mort, d'abord l´héritage antisémite européen, puis l'adoption de décrets nazis définissant le terme juif, l'expropriation des bien juifs, la séparation et l'isolement physique des victimes, puis le travail forcé, la mise en place d' unités mobiles de tuerie, et finalement la création de centres de mise à mort , où ont été gazés des millions de juifs d'une vingtaine de pays du continent.
Raul Hilberg a ainsi montré qu'aucun élément du Reich n'était complètement étranger au processus de destruction. C'est une certitude que j'ai vite acquise; toutes les composantes de la société étaient impliquées, sans exception. il a donc fallu que je les examine toutes.
Et partout, au moindre échelon, il a trouvé des complices
de la tuerie, plus ou moins actifs, plus ou moins conscients. Dans les
chemins de fer qui transportaient le bétail humain, bien sûr,
ou dans les usines qui employaient les déportés. Mais aussi
dans des endroits inattendus, par exemple cette compagnie de drapeaux de
Berlin un secteur très actif dans un régime totalitaire,
qui fabriquait aussi les étoiles de David portées par les
juifs. En Ukraine, j'ai consulté des archives, raconte Raoul Hilberg.
J'ai demandé à voir n'importe quoi de l'époque de
l'occupation. On m'a apporté les dossiers du poste de pompiers de
la ville de Lvov. Il n'y avait rien. Pas un feu éteint, rien. Ce
qui voulait dire: pas de résistance, pas de sabotage, alors qu'on
amenait les juifs
Banalité et quotidienneté du mal
Tout cela compose une étude précise sur la quotidienneté
du mal. Cette idée centrale doit être opposée à
la thèse de la banalité du mal , défendue dans un
autre livre de référence sur la Shoa, Eichmann à
Jérusalem, de la philosophe Hannah Arendt.
Cet essai a d'abord été publié en série dans le New Yorker , pendant le procès du planificateur de la Solution finale, condamné à mort en 1962. Elle a probablement écrit deux oui trois livres respectables sur d'autres sujets, tranche Raoul Hilberg, qui ne pense décidément pas beaucoup de bien de celle qui est souvent décrite comme une des plus grandes philosophes politiques du siècle. Mais sur l'holocauste, elle demeure un amateur. Elle ne sait pas de quoi elle parle.
Pourtant, ne cite-t-elle pas abondamment le Hilberg? Pour répliquer, son auteur cite deux faits qu'il a documentés en préparant un livre de souvenirs professionnels , dont une version française doit bientôt paraître chez Gallimard, son éditeur.
En 1959, il a envoyé le manuscrit remanié de sa thèse aux Presses universitaires de Princeton, qui ne l'ont pas retenu. La lettre de refus expliquait que cet ouvrage n'était pas nécessaire depuis la traduction du Bréviaire de la Haine de Léon Poliakov. En fouillant dans les archives Arendt, conservées à la Library of Congress de Washington, Raoul Hilberg a découvert que c'est elle-même qui avait alors recommandé à l'éditeur qu'on ne publie pas La Destruction des juifs d'Europe. Elle n'était pas intéressée dit-il pour expliquer cette décision. Elle avait écrit son livre sur Les Origines du totalitarisme et elle pensait qu'il n'y avait plus rien à dire sur le sujet, même si elle n'a en fait rien dit sur le fond du régime nazi.
Hannah Arendt a donc changé d'idée avec le procès Eichmann. Mais en confrontant son passeport et l'horaire du procès, Raoul Hilberg a découvert que la philosophe-journaliste avait quitté Jérusalem alors que le SS livrait son témoignage. Elle a reçu 13 000 dollars pour ce travail, à ce qu'on dit. Et elle n'a fait Que le minimum. En plus, elle a plagié mon livre, qui venait de se trouver un éditeur, pour étayer ses élucubrations sur la banalité du mal ! Il n'y a rien de banal dans Eichmann ! C'était un génie dans un jeu qui nécessitait la présence d'un bureaucrate comme lui.
Ce qui pousse finalement à parler de la controverse qui oppose cette fois deux thèses sur la question de l'origine de la Solution finale. D'un côté, les penseurs dits de l'école intentionnaliste trouvent leur réponse dans la rhétorique antisémite de Hitler. pour les héritiers du procès de Nuremberg, le génocide a toujours été une intention claire des nazis. A cette thèse de la route directe , les théoriciens de l'école dite fonctionnaliste opposent l'idée de la route tortueuse: pour eux, la cause du meurtre des juifs d'Europe doit au moins en partie être cherchée du côté du système chaotique du IIIe Reich, ce vaste labyrinthe où s'affrontaient constamment des groupes avides de pouvoir.
Le Hilberg a le mérite, non seulement d'être admiré par les deux positions, mais aussi de les avoir en quelque sorte utilisé[e] s conjointement. Ici sont mises en évidence les intentions claires; là, est montrée l'escalade progressive de la violence. Les deux adversaires m'aiment bien, dit fièrement son auteur.
Voilà aussi pourquoi le Hilberg est le livre incontournable sur
la question. Grâce à lui, le comment est maintenant mieux
connu. Reste le pourquoi, auquel Raoul Hilberg refusera toujours de répondre
simplement. Il n'y a pas de causes simples, dit-il. C'est pour cela que
j'ai consacré 40 ans à chercher. On me reproche souvent,
à moi et à d'autres, de consacrer des études savantes,
pleines de notes en bas de pages, à un sujet quasi sacré.
Mais je tiens à cette approche, parce que je peux vouloir dire :
"Voici les faits, rien que les faits".
Mais elle se donne pour objectif prioritaire le rétablissement
de la liberté d'expression en France et en Europe, sans laquelle
aucun vrai débat n'est possible.
La Vieille Taupe lutte donc pour l'abrogation des lois scélérates
qui suppriment cette liberté élémentaire: la loi dite
Fabius-Gayssot en France, et les lois similaires en Allemagne, en
Autriche et en Belgique.
Le n 1 de la revue est paru en mai 1995, diffusé par les N.M.P.P.
dans les kiosques de la région parisienne pendant les mois de mai,
juin, juillet et août. Dans un silence total de l'ensemble des médiats,
ce n 1, pourtant conçu pour ne pas transgresser cette loi liberticide,
a néanmoins fait l'objet d'une inculpation par Monsieur le procureur
de la République.
Par un jugement du 23 janvier 1996, la XVIIe chambre du tribunal de Paris, Madame Ract-Madoux président, Mesdames Menotti et Depardon juges, a condamné Pierre Guillaume à une amende de 10 000 F à l'aide d'une interprétation extensive et arbitraire de la loi qui rompt avec le principe d'interprétation stricte de la loi pénale.
Nous avons pris acte du fait que la liberté d'expression n'existe
plus en France, au delà même de ce que la loi édicte.
La revue La Vieille Taupe sera dorénavant exclusivement
réservée aux abonnés qui constituent l'association
de fait des Amis de la Vieille Taupe. Nous cesserons toute diffusion
publique, à un public qui ne la mérite pas, tant qu'il
n'aura pas obtenu le rétablissement dans les faits et dans la loi
de la liberté d'expression pour tous.
La diffusion de cette revue par les N.M.P.P. dans les kiosques ne reprendra
que lorsque la loi Fabius-Gayssot sera abrogée.
En attendant, la revue est donc exclusivement adressée aux abonnés.
Le n 2, consacré au texte de Roger Garaudy: Les Mythes fondateurs
de la politique israélienne, est paru en décembre 1995.
Il est maintenant épuisé. Une nouvelle édition publique
a été réalisée par Roger Garaudy lui-même.
Elle est maintenant disponible pour tous les abonnés de LA VIEILLE
TAUPE aux conditions habituelles. Cette édition publique augmentée
se substituera au numéro 2 pour les nouveaux abonnés.
Tout nouvel abonné, qui déclare par le fait même, accepter
de faire partie de l'association de fait des Amis de la Vieille Taupe,
recevra immédiatement le n 1, le livre de Roger Garaudy et les
trois suppléments confidentiels d'ores et déjà disponibles,
à savoir:
Un texte de Pierre Guillaume consacré à l'analyse du livre de Jean-Claude Pressac et intitulé: "De la misère intellectuelle en milieu universitaire, et notamment dans la corporation des historiens. Véridique rapport sur un exemple consternant d'aveuglement collectif et de cuistrerie prétentieuse, impliquant en leur fonction d'état des personnalités représentatives susceptibles en l'absence de réaction d'attirer le discrédit et la déconsidération sur l'ensemble de la classe intellectuelle." ( 36 pages 21x29,7 broché.)
Un texte anonyme, samizdat reçu sous forme de photocopie reproduit par la Vieille Taupe à l'intention exclusive de ses amis, intitulé: "Sionisme, révisionnisme, et démocratie." (32 pages 13,5x 21 broché.)
Un texte de Pierre Guillaume intitulé: "La Libre Pensée
contre la pensée libre." où l'on découvre
de prétendus libre-penseurs, et leur fédération, aux
avant-postes de la chasse aux sorcières et de la censure, et les
remous que cette attitude provoque chez certaines de leurs ouailles. Une
affaire à suivre. (10 pages 21x29,7)
Vous pouvez aider la Vieille Taupe à obtenir l'abrogation
de la loi scélérate, et être tenus informés
de nos activités en vous abonnant immédiatement. L'abonnement
est de 250 Francs par chèque à l'ordre de la Vieille Taupe
donnant droit à quatre numéros de la revue; à tous
les suppléments confidentiels parus et à paraître;
à une remise de 50% sur tous les livres publiés par les éditions
"La Vieille Taupe"; et accès à la documentation
de la Vieille Taupe (en place fin juin 1996).
L'inculpation de Garaudy est prévue. Quelques jours auparavant,
il donne une conférence de presse, flanqué de son avocat,
Me Jacques Vergès (lui aussi ancien communiste et même, peut-on
dire, ancien musulman.) Le futur inculpé fait alors état
de plusieurs lettres de soutien. Citons d'abord celle d'un prêtre,
le père Lelong, connu pour son action en faveur des Palestiniens:
Lettre du père Michel LELONG
Le 16 avril 1996
A Roger Garaudy
Cher ami,
Ayant lu et entendu, ces dernières semaines, des propos vous reprochant
d'être "antisémite", je tiens à vous dire
combien cette accusation me paraît inacceptable et injuste.
Nous nous connaissons depuis de longues années. J'admire votre vaste culture, et votre courage pour dénoncer les injustices. Comment oublier votre engagement dans la Résistance? Et comment ne pas voir que votre soutien au peuple palestinien est inspiré non par "l'antisémitisme", que, bien entendu vous refusez et condamnez mais par un souci de justice et de solidarité avec ceux qui luttent pour la liberté.
Je tiens d'autant plus à rappeler ces vérités que vous le savez bien nous avons souvent, dans les domaines politiques et religieux, des points de vue divergents : vous avez adhéré au marxisme, vous êtes devenu musulman, vous avez pris et prenez des positions publiques fort critiques envers certaines personnalités et institutions. Je suis, pour ma part, prêtre catholique, profondément attaché à la personne et au message du Général de Gaulle, fidèle aux enseignements du pape Jean-Paul II, même si certaines de ses prises de position me semblent regrettables.
Ce qui nous sépare aussi, c'est la façon par laquelle nous croyons devoir défendre les causes qui nous[paraissent] vraiment justes. Vous ne craignez pas la contestation vigoureuse et l'engagement actif dans la politique. Etant prêtre catholique, je pense que je dois me situer à un autre niveau, face aux conflits sociaux et internationaux.
Je ne partage donc pas votre option dans la manière dont vous vous exprimez et agissez. Pourtant je suis convaincu que votre voix doit être entendue dans les débats majeurs d'aujourd'hui.
Parmi ces débats, la recherche de la paix au Proche-Orient demeure
d'une tragique actualité. On a cru trop vite, en Occident, que le
"processus de paix" entre Israéliens et Palestiniens avait,
déjà, tout résolu. La situation actuelle à
Gaza et au Liban devrait nous aider à comprendre qu'au Proche-Orient
comme ailleurs, il n'y aura pas de paix durable et véritable sans
recherche de la justice et de la liberté pour tous les peuples.
A cet égard, au lieu de vous exclure et de vous marginaliser, les
"intellectuels" et les "médias" de notre pays
devraient vous convier à participer au nécessaire et libre
débat, sans lequel notre société occidentale restera
enfermée dans une "pensée unique" aussi stérile
que partisane.
Jean Ziegler
Enfin et surtout, celle qui allait déclencher des remous énormes,
la lettre de l'abbé Pierre. Elle doit être lue attentivement
parce qu'elle reflète la pensée de l'abbé telle qu'il
a pu la coucher sur le papier, tranquillement, dans le calme de la réflexion
studieuse. On y constate qu'il a lu le livre de Garaudy, et que s'il affirme
qu'il l'a seulement parcouru c'est pour dire qu'il ne l'a pas étudié
crayon en main, avec le souci de vérifier chaque mot ou chaque citation
comme les adversaires d'un texte peuvent et doivent le faire, avec le souci
critique de tout vérifier. Mais il l'a lu, et par la suite le plus
bornés croiront malin de dire que l'abbé n'a pas lu le livre.
Mais l'abbé Pierre a cinquante ans de vie politique derrière
lui et c'est un vieux renard. C'est à nous de comprendre ce que
cette lettre veut dire. Nous en dirons quelques mots ensuite:
LETTRE DE L'ABBÉ PIERRE, 15 avril 1996
Très cher ROGER,
Tu sais les limites de mes forces. Elles diminuent chaque jour bien que
beaucoup soient persuadés qu'elles sont grandes parce que ma voix
est restée sonore et parce que dès que j'ai la conviction
qu'un fait ou une question créent injustice et fausseté,
je reprends des énergies, mais qui ne sont que bien brèves.
Pardon de tant parler de moi, mais c'est pour expliquer à toi et
à tous ceux auxquels tu estimeras utile de faire connaître
ma lettre, comment il se fait que j'ai tardé, en dépit des
contacts téléphoniques, à rendre publiques mes certitudes
en ce qui te concerne, en ta personne que je connais depuis 50 ans
et en ce qui concerne tes actes , des plus intimes, à ceux
ayant les plus grandes conséquences publiques.
Député communiste tu fus le premier interlocuteur avec qui
il m'arriva que je me trouve avoir à débattre, et le souvenir
m'en est resté inoubliable, parce que ce fut, je crois, fructueux
et pour l'un et pour l'autre.
* * *
Ton livre le plus récent m'est parvenu alors que j'étais
vraiment à bout de forces pour d'autres tâches pressantes.
Je ne peux que trop peu lire, à 83 ans, de tout ce qui m'arrive
, n'ayant guère que 2 heures le matin et 2 heures l'après-midi
où je puisse vraiment travailler.
* * *
Sur cet écrasant drame millénaire qui ne cesse autour
d'Israël, tu sais ma pensée mûrie, depuis beaucoup d'années[p.
2] et tu sais aussi que cette pensée s'étend bien au delà
des seuls drames contemporains.
Nous avons eu déjà sur ce sujet de graves entretiens.
Tu seras intéressé de savoir qu'un grand Rabbin de grande autorité parmi ses frères, a exprimé le désir d'entretiens entre lui et moi à ce sujet. Ce sera, je l'espère, très prochainement.
De ton nouveau livre il m'est impossible de parler avec tous les soins
que réclament non seulement son sujet fondamental, mais aussi l'étonnante
et éclatante érudition, scrupuleuse, sur laquelle chaque
propos se fonde comme j'ai pu le constater en le parcourant.
Autour de moi quelques personnes dont les exigences et la compétence
sont grandes et qui l'ont entièrement lu me disaient l'importance
de ce qu'elles en ont reçu.
Il faut tout faire, et je m'y emploie, pour que bientôt des historiens vrais, de la même passion du vrai qui est la tienne, s'attachent à en débattre avec toi.
Les insultes contre toi que j'ai pu connaître (jusque dans un
quotidien que j'estime le plus pour son habituelle objectivité),
qui t'ont accablé de toutes parts sont déshonorantes
pour ceux qui, comme à la légère, t'en accablent.
* * *
Je veux en cette lettre m'efforcer de rendre publique deux convictions:
l'une, en peu de mots, concernant ta personne, et l'autre (sûrement
encore, bien imparfaitement exprimée) porte sur ce que toute ma
vie d'homme de foi et d'amour m'a conduit à concevoir de la succession
de faits historiques sur lesquels je pense avec tristesse, que toute la
foi, admirable (mais depuis tant de siècles repliée sur elle-même)
de ce peuple, de mes frères, se limite, sans entendre qu'elle l'appelait
à une mission d'une autre et noble grandeur.
[p. 3]
La Providence m'a donné, en d'autres temps (qui me paraissent encore
si proches) de pouvoir, au risque, volontairement accepté, de ma
vie, venir au secours de ceux pour lesquels j'ai pu le faire. Du fait de
cela je reste particulièrement sensible à tout ce qui, en
les concernant, fait se répercuter tant de douleurs chez eux, et
de partout â l'entour, et comme sans fin.
* * *
Sur toi et ta vie, peu de mots suffisent. Tu es un de ces hommes qui ne
cessera jamais, jusqu'au face à face avec l'Infini Amour, d'être
tourmenté d'une dévorante faim d'Absolu.
Je plains ceux qui sont si superficiels, ou pressés de trop d'autres
" faits divers ", qu'ils n'aient pas su respecter et aimer tes
recherches, et la façon dont, (en toute ta vie) tu as voulu cueillir
et rassembler tout Absolu, perçu fût-ce très parcellaire,
en toutes les spiritualités entre lesquelles si sincèrement
se partagent (et parfois égarées, se combattent) les humains
de toute la terre et de tous les siècles.
* * *
Ce n'est pas sans quelque douloureux tremblement et grande humilité
que j'évoquerai l'autre de mes convictions relative à la
portion juive de l'univers humain. Tout a commencé, pour moi dans
le choc horrible qui m'a saisi lorsqu'après des années d'études
théologiques, reprenant pour mon compte un peu d'études bibliques
j'ai découvert le livre de JOSUÉ. Déjà un trouble
très grave m'avait saisi en voyant, peu avant, MO SE apportant des
" Tables de la loi " qui enfin disaient: " Tu ne tueras
pas ", voyant[p. 4] le Veau d'or, ordonner le massacre de 3 000 gens
de son peuple. Mais avec JOSUÉ je découvrais (certes contés
des siècles après l'événement), comment se
réalisa une véritable " Shoah "sur toute vie existant
sur la " Terre promise ".
A crié en moi: " Si je te promets ma voiture, et si toi,
dans la nuit, tu viens tuer le gardien, forcer les portes et t'emparer
de la voiture promise, que peut-il rester de la " Promesse "?
La violence ne détruit-elle pas tout fondement de la Promesse? Certes,
après, continuera à être, sans cesse, redite, l'Alliance
avec le peuple qui (pas unique semble-t-il mais unique en tant que peuple
fortement constitué) a, dans sa conscience, la notion de l'Éternel
Unique (certes pas encore connu pleinement comme ayant pour essence l'amour.
Cette révélation je la vis avec JÉSUS. JÉSUS
qui fondera la foi trinitaire: Deus caritas est.
Mais cette Alliance porte-t-elle encore sur ce coin du monde seulement (que l'on peut et doit encore appeler, non " terre promise ", mais " terre sainte ", couverte de crimes mais aussi de saints prophètes?)
Je ne puis plus concevoir promise par DIEU (même si on lui attribue l'ordre de massacrer et n'est-ce pas outrager DIEU?), seulement ce coin de terre pour ou contre lequel tant meurent aujourd'hui encore.
L'Alliance n'est-elle pas l'envoi en mission de tout Israël pour porter la foi qu'il a rêvé à la terre entière!
La terre promise à tout croyant, (donc à tout Juif aussi.).
Je ne puis me départir de cette pensée de porter à
la terre entière la JOIE de connaître DIEU vrai.
Oh, que je voudrais être encore assez jeune pour entreprendre, avec
des équipes fraternelles, l'accomplissement de la mission reçue
d'abord en Israël puis en JÉSUS.
Je n'ignore pas que le repli d'Israël sur soi, sans missionnaire, est en partie dû à l'étrange retournement de l'histoire causé par CONSTANTIN après l'Édit de Milan et des[p. 5] néfastes conséquences qui accompagnèrent ses bienfaits.
Nous entendons dire une intention du Pape, en l'an 2000 (sera-ce le même Pape ?) de confesser les fautes historiques qui ont accompagné le zèle des missions chrétiennes.
Puisse-t-il ne pas sous-estimer la part prise dans l'antisémitisme avec les mots " peuple déicide ", ce qui est insensé car c'est pour tous les peuples, pour tous les humain que JÉSUS s'est offert en rançon?
De ce temps naquit, en place des martyres enfin interdits, la désastreuse
coutume (pour suppléer à la décadence de l'empire)
des structures de privilèges: " princes-évêquess
", " pape-roi " en tous les sens, jusqu'aux plus abusifs,
cette confusion entre spirituel et temporel.
ROGER, de tout cela sûrement, tous deux vieillards, devons encore
parler, et interroger de plus savant que moi.
Je t'en prie, retiens de ces lignes presque illisibles que nous lirons
ensemble au téléphone, la force et la fidélité
de mon affectueuse estime et de mon respect pour l'énorme travail
de ton nouveau livre. Le confondre avec ce qui fut appelé "
révisionnisme " est une imposture et véritable calomnie
d'inconscients.
Je t'embrasse et t'assure que toi et les tiens me restez présents
dans l'offrande de chaque jour du peu d'effort que je peux encore tenter.
Ton frère
ABBÉ PIERRE.
C'est alors pratiquement une nouvelle affaire qui boursoufle et ballonne
sur la première.
Depuis des années, l'abbé Pierre est rangé parmi les
personnages les plus populaires en France, par les sondages. Les sondages
sont ce qu'ils sont, c'est-à-dire le moyen le plus abrutissant de
vider la soi-disant démocratie du peu de contenu qu'elle pouvait
avoir, mais ils impressionnent tous ceux qui font métier de manipuler
l'opinion, ou ce qui en tient lieu, c'est-à-dire les politiques
et les médiatiques. Il sont aussi les seuls à y croire et
ils font des sacrifices rituels aux divinités du sondage.
La prise de position de l'abbé Pierre en face de Garaudy est donc
arrivée comme une catastrophe (en hébreu : shoah) sur la
tête des gardiens du temple. D'où la question: comment détruire
l'image de l'homme le plus populaire dans ce beau pays de Frénésie
(en hébreu: Sarfat).
Le Monde, 20 avril 1996
L'abbé Pierre soutient les aberrations négationnistes
de Roger Garaudy
AU COURS d'une conférence de presse donnée jeudi
18 avril, Roger Garaudy contre lequel le Mouvement contre le racisme et
pour l'amitié entre les peuples (MRAP) a déposé une
plainte pour infraction à la loi Gayssot, réprimant la négation
des crimes contre l'humanité a révélé, avec
son défenseur, Me Jacques Vergès, le nom de quelques-unes
des personnalités dont il a obtenu le soutien pour cette affaire,
qui doit être plaidée jeudi 25 avril : parmi celles-ci figurent
le père Michel Lelong, l'essayiste Jean Ziegler, ainsi que l'abbé
Pierre.
Roger Garaudy avait, à la fin de 1995, publié chez l'éditeur négationniste La Vieille Taupe Les Mythes fondateurs de la politique israélienne, un ouvrage dans lequel il mettait violemment en cause le procès de Nuremberg et soutenait qu'aucune réfutation n'avait été apportée aux historiens critiques - c'est-à-dire aux négationnistes présentés comme des chercheurs injustement persécutés (Le Monde du 31 janvier).
Ces silences, ces persécutions, ces répressions contre une histoire critique des crimes hitlériens, reposaient sur des prétextes purement diffamatoires et mensongers , disait-il; jusqu'ici, l'on n'a donné, même à des artistes d'un grand talent et d'une parfaite bonne foi, que des chiffres arbitraires et faux.
A ce qu'il appelle une mystification ont contribué, selon
M. Garaudy, la littérature et le cinéma dont le film Shoah,
de Claude Lanzmann, qualifié d' interminable navet, et
le Journal d'Anne Frank, qu'il juge, comme l'historien négationniste
britannique David Irving, apocryphe , tout cela pour le plus grand
profit du sionisme tribal . Pour M. Garaudy, le terme génocide
il préfère parler de pogrome est inappropriée
à ce que les juifs ont subi du fait du régime nazi: Le
mot a donc été employé à Nuremberg de manière
tout à fait erronée puisqu'il ne s'agit pas de l'anéantissement
de tout un peuple, comme ce fut le cas pour les exterminations sacrées
" des Amalécites, des Cananéens et d'autres peuples
encore , dont parle le livre biblique de Josué.
Cette référence au livre de Josué, on la retrouve
dans la lettre de soutien écrite par l'abbé Pierre et rendue
publique par M. Garaudy. Mais avec Josué je découvrais,
dit l'abbé Pierre, (certes, conté des siècles
après l'événement), comment se réalisa une
véritable "Shoah" sur la Terre promise". De ton nouveau
livre , écrit-il encore dans cette correspondance longue de
cinq pages, il m'est impossible de parler avec tous les soins que réclament
non seulement son sujet fondamental, mais aussi l'étonnante et éclatante
érudition, scrupuleuse, sur laquelle chaque propos se fonde, comme
j'ai pu le constater en le parcourant Autour de moi, quelques personnes
dont les exigences et la compétence sont grandes et qui l'ont entièrement
lu me disaient l'importance de ce qu'elles en ont reçu. Il faut
tout faire, et je m'y emploie, pour que bientôt des historiens vrais,
de la même passion du vrai qui est la tienne, s'attachent à
en débattre avec toi.
Quant au père Michel Lelong, il écrit à Roger Garaudy :
Au lieu de vous exclure et de vous marginaliser, les "intellectuels" et les " médias" de notre pays devraient vous convier à participer au nécessaire et libre débat sans lequel notre société occidentale restera enfermée dans une "pensée unique" aussi stérile que partisane.
Jean Ziegler se dit pour sa part scandalisé par le procès
qui est fait à M. Garaudy.
Nicolas Weill
Le Monde , 23 avril 1996
L'abbé Pierre qualifie le négationnisme de
tromperie
Après avoir apporté son soutien à Roger
Garaudy, qui fait l'objet d'une plainte avec constitution de partie civile
pour négation de crimes contre l'humanité, l'abbé
Pierre a tenté, dimanche 21 avril, d'apaiser l'émotion suscitée
par ses déclarations (Le Monde daté 21-22 avril),
Dans un communiqué, le fondateur des Compagnons d'Emmaüs affirme
qu'il considère les négationnismes et révisionnismes
comme tromperies intellectuelles et morales qu'il faut à tout prix
combattre. L'abbé Pierre précise cependant qu' assimiler
les travaux de Garaudy, chercheur et historien, aux négationnismes
et révisionnismes serait imposture.
De son côté, l'essayiste suisse Jean Ziegler, qui avait
signé une lettre de soutien à Roger Garaudy, nous a déclaré,
lundi 22 avril, condamner avec la plus grande fermeté toutes
les entreprises ou propos négationnistes visant à nier ou
à relativiser le génocide du peuple juif par les nazis .
Il assure que sa lettre de soutien à M, Garaudy exprimait le
respect éprouvé devant son combat contre les intégrismes,
et notamment l'intégrisme musulman.
But Roger Garaudy's self-published ``Founding Myths of Israeli Politics''
might have gone unnoticed had a leading Roman Catholic figure not jumped
to the author's defense.
In a five-page letter, Abbe Pierre, considered France's Mother Teresa and
the nation's foremost champion of the poor and homeless, praised Garaudy's
``astounding and brilliant erudition and scrupulous methodology.''
``I pity people who are so superficial or in such a rush for news that
they did not know how to respect and appreciate your research,'' the priest
wrote, admitting that he only skimmed the book.
Since the 1950s, Abbe Pierre has staged protests on behalf of the poor,
using his access to French presidents to advance laws to protect them.
Because of his stature, the 83-year-old priest's defense of Garaudy was
big news when it became public last week.
Three separate groups representing Holocaust victims, deportees and their families have sued Garaudy for defamation and inciting racial hatred. Closed hearings in the suit are scheduled to begin Thursday.
Jacques Verges, Garaudy's lawyer, who also defended Nazi chief Klaus
Barbie at his trial for crimes against humanity in 1987, said
a decision is not expected until later this year.
``I'm sure Garaudy will be convicted under the 1990 Gayssot law which makes it a crime in France to deny the Holocaust,'' Serge Klarsfeld, a lawyer and noted Nazi-hunter, said in a telephone interview.
Meanwhile, Abbe Pierre's support of Garaudy, a former French Communist militant who converted to Islam, has raised at least as much concern as Garaudy's revisionism.
``Abbe Pierre has allowed himself to be used to endorse negationist themes. This is serious, given the high esteem in which many French hold him,'' said Henri Hajdenberg, president of CRIF, the Representative Council of Jewish Institutions in France.
Born Henri Groues, Abbe Pierre later became known by the code name he
used in the Resistance. He has received many decorations, including the
Legion of Honor, the War Cross, and the Resistance Medal. His life was
the subject of a popular 1989 French film, ``The Winter of '54.''
The International League Against Racism and Anti-Semitism said Tuesday
it would remove Abbe Pierre from its honor board if he did not withdraw
his support of Garaudy.
Abbe Pierre told Le Figaro that he expected to be attacked but ``if I see someone unjustly accused, I cannot keep quiet.''
The book is not carried by mainstream bookstores and is available only
by mail order from ``La Vieille Taupe'' (The Old Mole), a far-right anti-Semitic
magazine. (A BOLD LIE: THIS IS A FAR LEFT GROUP WITH NO CONNECTION TO ANY
TYPE OF DISCRIMINATION)
Garaudy said last week that an American edition due out shortly would be
prefaced by Rabbi Elmer Berger, a leading Jewish anti-Zionist in the United
States.
Reached by telephone at his Florida home, Berger, 88, said he planned to write an article about the book.
``I liked it very much and whatever I write will be favorable,'' he
said. Berger said he did not know who would publish the American edition.
In the book, Garaudy, who supported Saddam Hussein in the 1990 Persian Gulf War, attacks the notions of ``the promised land'' and ``the chosen people'' as spawning a people advocating racial purity, as the Nazis did centuries later.
Garaudy said he refuses to be muzzled simply because he espouses an unpopular view.
``My book is a legitimate critique of the policies of a state and
the ideology upon which it is based,'' he said.
(Copyright 1996 The Associated Press. All Rights Reserved.)
L'abbé a seulement parcouru le livre, mais des amis de confiance l'ont fait pour moi . Homme de peu de foi! Ziegler ne l'a pas lu non plus, mais il est solidaire de l'homme et de son itinéraire , tout comme l'abbé soutient le chercheur d'absolu. Tous les deux, bien sûr, rejettent, abominent le négationnisme et le révisionnisme, disent-ils, voulant ignorer que Garaudy, dans son livre, reprend tout bonnement les thèses négationnistes: laissons travailler les historiens critiques, dit-il. laissez-moi vous signaler qu'il y a eu beaucoup moins de morts juifs qu'on ne l'a dit (d'ailleurs il ne parle pas de génocide, mais de pogrom ), le film Shoah de Lanzmann est un interminable navet et, bien entendu, comme tout bon historien négationniste (c'est-à-dire néo-nazi, n'ayons pas peur des mots) (NI SURTOUT DES MENSONGES LES PLUS VULGAIRES), le Journal d'Anne Frank est apocryphe. N'est-ce pas bien emballé?
L'abbé Pierre devait en avoir assez de se trouver au hit-parade du Journal du dimanche, avec le commandant Cousteau. Il a décidé de changer d'image pieuse. Le brave Pierre, comme le brave Lelong et l'excellent Ziegler se sont fait rouler dans la farine par les penseurs négationnistes, qui sont malins; on amène des hommes de bonne foi à soutenir un chercheur comme Garaudy, et le droit à remettre en question l'histoire officielle. (FABULEUX CE QU'ILS SONT MALINS, ILS ARRIVENT À REMETTRE EN CAUSE L'HISTOIRE "OFFICIELLE", CE QUE PERSONNE D'AUTRE NE SONGERAIT À FAIRE.) Puis on pinaille sur les chiffres. Oui, dit l'abbé, j'étais à Auschwitz, il y a six mois, j'ai vu la plaque parlant de 4 millions de morts. Depuis, on en est revenu à un million. Bof, c'était donc pas si grave qu'on le dit. Pour exterminer un si petit nombre, fallait-il même des chambres à gaz? (TRES BONNE QUESTION, MERCI DE L'AVOIR POSÉE). Aux historiens de débattre avec Garaudy , conclut l'abbé Pierre, sous les applaudissements de tous les révisionnistes. En 1979, ce genre de pensée naïve avait amené le linguiste américain Noam Chomsky à défendre, non pas tant Faurisson (pour qui les chambres à gaz n'ont pas existé), que le droit de penser autrement (et de défendre n'importe quelle thèse, n'importe comment ?). La liberté d'expression a un sens très particulier, pour les nazis post-modernes. (CHOMSKY NAZI POST-MODERNE? LE TYPE QUI ÉCRIT ÇA N'A PAS D DESSAOULER DEPUIS LA DERNI RE GUERRE MONDIALE.)
Bien sûr, le grand résistant que fut l'abbé Pierre s'insurge, parle de son réel anti-négationnisme viscéral, dit que l'extermination des Juifs par les nazis est un crime colossal, comme sa bêtise à défendre son ami à la dérive est aussi abyssale.
Résultat: dès la fin de la semaine dernière, le sieur Faurisson dont on ne parlait plus a inondé les rédactions de son fax triomphant: Je me réjouis de ce que tant de personnes, depuis quelques mois, volent au secours de la victoire révisionniste; je déplore qu'il ait fallu attendre 1996 Et, comme s'il avait tout prévu, le bonhomme de persifler: . J'attends que, selon l'usage, les personnes mises en cause par l'article[du Monde du 20/4] viennent prétendre qu'elles n'ont pas dit ce qu'elles ont dit, qu'elles n'ont pas écrit ce qu'elles ont écrit. Le mal est fait, viva la muerte!
L'abbé Pierre a téléphoné au journal La
Croix (23/4) pour s'expliquer une dernière fois, alors qu'il est
déjà trop tard: Prions ensemble. Il y a des moments où
ce n'est pas marrant. Comme l'a dit un jour Jésus, qui était
pince-sans-rire, à son meilleur disciple Simon: Pierre, toi aussi
tu me renieras.
France-Soir , 26 avril 1996
p. 1
Pitoyable, cette connivence entre l'abbé et Garaudy
On les connaît, ces rats ou plutôt ces vieilles taupes. Ils
s'appellent Faurisson, Rassinier, Roques et leurs pseudo-études
histriques (SIC) sur l'Holocauste font les délices des nostalgiques
gâteux du IIIe Reich et des jeunes débiles attirés
par cette littérature d'égout comme par un pack de bière
fraîche.
Que Roger Garaudy, après avoir baigné dans le protestantisme,
le catholicisme, le communisme et l'islamisme, se voue maintenant à
l'antisémitisme, rien que de très normal: à force
de vouloir sortir des sentiers battus, cet ex-philosophe a fini par aller
au fossé et la prochaine étape de son parcours sera, sans
nul doute, le n'importe-quoi-isme, ultime refuge des intellectuels à
bout de soufre et de souffle. (SI C'EST NORMAL, ON NE DEVRAIT PAS S'INQUIÉTER.
IL FAUT BIEN RECONNA TRE QUE NOUS AVONS AFFAIRE ICI AVEC UN DE CES GRANDS
CERVEAUX, MOULÉS À LA LOUCHE, DONT EST FRIANDE LA GRANDE
PRESSE.)
Et voilà que la voie royale de l'abbé Pierre, le curé
des pauvres, l'archange surgi un soir d'hiver 54 . pour réchauffer
des miséreux, croise l'ornière où patauge le paumé
nauséabond. Et s'y attarde. (C'EST DU VICTOR HUGO) Au nom d'une
amitié de jeunesse et d'un passé commun respectable, (ILS
ÉTAIENT DÉPUTÉS, CE QUE L'ON N'EST PAS FORCE DE TROUVER
TR S RESPECTABLE) l'abbé promis à l'auréole vole au
secours du chantre de l'abjection.
Le premier n'a même pas lu le livre du second, mais il ne l'en félicite pas moins pour son érudition . sa recherche de l'absolu . Sans même savoir que Garaudy, dans son pamphlet écrit à l'encre brune, remet en cause l'existence des chambres à gaz et la réalité de la solution finale. (IL N'Y A QUE LES IDIOTS POUR CROIRE QUE L'ABBÉ NE LE SAIT PAS.)
Qu'est-ce qui s'est passé? L'abbé Pierre a-t-il été
manipulé? Pourquoi ne s'est-il pas rendu compte que l'appui apporté
à l'engeance négationniste était cent fois plus dangereuse
que tous les écrits de l'engeance en question?
Que cette espèce d'absolution désordonnée allait être
exploitée à fond dans les officines où mijote la cuisine
néonazie? Que des spécialistes s'employaient déjà
à tirer de cette bévue presque rétractée de
nouveaux arguments? (et comment! heureusement qu'il y ces formidables spécialistes
du tirage de bévue. ça prouve bien que les révisionnistes
sont invincibles.)
Ou s'agit-il d'une sorte de provocation lasse due à la vieillesse,
un peu semblable à celle qui poussa Mitterrand, dans ses dernières
années, à confesser des tentations troubles et à assumer
des amitiés dangereuses? (VOUS AVIEZ REMARQUÉ ÇA,
VOUS, UNE PROVOCATION À CONFESSER DES TENTATIONS TROUBLES ? ET TOUS
CES GENS QUI CROIENT QU'ELLES AFFECTAIENT LA JEUNESSE DE M. ET NON PAS
SA VIEILLESSE! CE MORROT EST UN ARTISTE, QUI MÉRITERAIT D'ALLER
TRAVAILLER À L'HUMA. )
Bref l'abbé, déjà détaché des choses
du présent, s'est il réfugié dans un passé
lointain où Garaudy et lui avaient la vie devant eux et des rêves
plein la tête?
La vie s'est écoulée. Le rêve est passé.
Reste l'énorme faute. Dommage
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p. 2
Mise en examen de Roger Garaudy, l'auteur du livre à scandale; mise
en examen de Pierre Guillaume, l'éditeur: la justice, hier, a écrit
un chapitre prévisible dans une affaire qui met, par ailleurs, en
cause, un des hommes les plus admirés des Français, l'abbé
Pierre. Ce dernier semblait, hier, saisi par le doute sur son soutien apporté
à Garaudy si l'on en croit ses amis de la LICRA rencontrés
la veille. (C'EST LA FANTASME NORMAL DE CEUX POUR QUI LE SOUTIEN DONNÉ
À GARAUDY EST UN VRAI CAUCHEMAR, IL VEULENT RETOURNER L'ABBÉ
COMME UN GANT. C'EST À QUOI S'EFFORCENT LES AMIS DE LA LICRA. MAIS
ON RÉALITÉ IL EST IMPOSSIBLE D'AVOIR DES AMIS À LA
LICRA: ON N'Y TROUVE QUE DES MA TRES, ET DES VALETS.) Ce début de
revirement ne l'aura pas empêché de se laisser aller à
d'autres déclarations plus maladroites et plus dérangeantes,
sur les camps d'extermination nazis. Quelle mouche a piqué l'abbé?
A-t-il mesuré toute la portée de ses propos? Refuse-t-il
d'admettre qu'il s'est trompé? Mais pourquoi, alors que l'apaisement
pourrait survenir (UNE RÉTRACTATION EN BONNE ET DUE FORME DEVANT
L'AUTEL DE LA SAINTE LICRA, REMPLAÇANTE DE LA DÉFUNTE INQUISITION
) a-t-il choisi d'en rajouter? Une chose est sûre : l'affaire Garaudy,
devenue l'affaire abbé Pierre plonge nombre d'observateurs, à
commencer par les amis du curé des pauvres dont l'image est ternie.
L'épisode a en tout cas pour conséquence de remettre en selle
les tenants du révisionnisme (ils n'étaient nullement descendus
de leur destrier)et, incident non négligeable, de doper les ventes
du livre sulfureux dans des librairies bien particulières (C'EST-À-DIRE,
SELON LE SENS HABITUEL DE L'EXPRESSION, LES LIBRAIRIES O L'ON FAIT COMMERCE
D'OUVRAGES LICENCIEUX, ÉROTIQUES, VOIRE PORNOGRAPHIQUES.) Certaines
reçoivent même des coups de fil de l'étranger de clients
et de curieux qui appellent pour savoir. (EXTRAORDINAIRE. DES CURIEUX QUI
VEULENT SAVOIR. ET DES CHIENS D'ÉTRANGERS EN PLUS !) Les révisionnistes,
un jour, pourront-ils s'écrier en ch ur, Merci, l'abbé? Ce
serait un comble (NON, ILS DIRONT MERCI, FRANCE-SOIR DE CONTRIBUER À
CETTE NOUVELLE CAUSE NATIONALE, LE DÉSIR DE SAVOIR .)
C. Dr.
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EXCUSES A BOUT DE SOUFFLE
Photo de l'homme cerné avec cette légende:
Convoqué devant le comité d'honneur de la LICRA, (C'EST-À-DIRE
DEVANT LA VERSION MOSA QUE DU TRIBUNAL POPULAIRE) qui lui demandait de
s'expliquer ou de se démettre, le vieux prêtre, très
fatigué, a tenté de justifier sa position sans renier son
ami écrivain.
J'ai commis une faute a murmuré l'abbé Pierre en quittant
mercredi soir les locaux de la LICRA, la Ligue internationale contre le
racisme et l'antisémitisme. Puis, se tournant vers le président
Pierre Aidenbaum qui le raccompagnait à sa voiture, le vieux prêtre
a ajouté: Permettez-vous que je vous embrasse ? (CECI PROUVE AU
DELÀ DE TOUTES LES POLÉMIQUES QUE L'ABBÉ PIERRE EST
FAIT DE L'ÉTOFFE DES SAINTS CAR POUR VOULOIR EMBRASSER LE PRÉSIDENT
DE LA LICRA SUR SES JOUES DE VACHE FOLLE, IL FAUT UNE ABNÉGATION
IMPOSSIBLE AU COMMUN DES MORTELS.)
Quelques instants plus tôt, au moment où il pénétrait
dans l'ascenseur, après deux heures de réunion au cours desquelles
il était en grande partie revenu sur ses arguments révisionnistes,
il s'interrogeait encore: On a peut-être exagéré le
nombre des victimes
Une attitude à l'image de la confusion presque surréaliste
qui règne depuis le début de cette affaire: Son propos n'est
pas très clair, constate Pierre Aidenbaum. Il s'est pris les pieds
dans le tapis et il en est de toute évidence très ennuyé.
C'est à partir du moment où il a essayé de s'en sortir
qu'il s'est emmêlé dans ses contradictions. (S'EN SORTIR,
C'EST-À-DIRE EN PASSER PAR LES FOURCHES CAUDINES DE LA LICRA, SUPR
ME INSTANCE DE LA VÉRITÉ RÉVÉLÉE)
Quatre appels téléphoniques avaient précédé
cette assemblée générale du bureau de la LICRA. Sous
peine d'être exclu, l'abbé Pierre, vétéran du
comité d'honneur, devait s'expliquer sur son soutien aux thèses,
blessantes pour la communauté juive, développées par
Roger Garaudy. ( TRE EXCLU DE LA LICRA, QUEL HORRIBLE DESTIN. PITIÉ
!)
Au cours de ces conversations, dont l'une a duré 45 minutes, (QUI A PAYÉ CES COUPS DE FIL MONSTRUEUX?) il m'a avoué avoir donné sa caution morale à l'homme qui est son ami plutôt qu'au livre qu'il n'avait que feuilleté. Je lui ai alors adressé la photocopie des passages les plus scabreux, (parce qu'à la LICRA aussi on lit sélectivement) remis en cause à propos du génocide du peuple juif, attaques contre la LICRA elle-même et le lobby qu'elle représente (SCANDALE IN SAECULA SAECULORUM). Il a été marqué par ailleurs par les témoignages de ses amis Léon Schwartzenberg (QUI AIME À SE FAIRE PASSER POUR UN CANCÉROLOGUE ET QUI VIENT D'ÉCHAPPER AU SCANDALE DE L'arc COMME TINTIN AUX MACHOIRES DU CROCODILE) et Albert Jacquard (qui aime à se faire passer pour un généticien), qui lui ont écrit qu'il se trompait, qu'il faisait fausse route (CAR CE SONT DES EXPERTS BIEN CONNUS QUI PARLENT D'ABONDANCE DEVANT LES CAMÉRAS DE TOUT MAIS SURTOUT DE RIEN).
Des interventions qui ont pesé sans aucun doute sur le défi que l'abbé a publiquement lancé à Garaudy S'il maintient ses positions après ces mises au point, je lui retirerai ma confiance tout en évoquant aussitôt l'éventualité de réunir une commission d'historiens ayant des opinions différentes sur l'Holocauste et qui plancheraient sur le fonctionnement des chambres à gaz ou le nombre des martyrs .
Tout aussi floues sont les sources auxquelles il se réfère: Il affirme que d'après ce qu'on lui a dit on ne retrouve nulle part les mots solution finale dans les textes du régime hitlérien.
De conviction point, estime le président de la LICRA, qui lui
accorde des circonstances atténuantes eu égard à ses
83 ans, la fatigue, la difficulté de se dédire. Et de soupçonner
même le vieux pourfendeur des injustices sociales d'être manipulé:
A plusieurs reprises, il ma rappelé, après avoir raccroché,
pour préciser sa pensée ou ajouter tel ou tel point aux échanges
qui avaient précédé.
Arrivé à 21 heures au siège de la LICRA, le fondateur
d'Emmaüs, qui avait quitté le matin sa retraite de Normandie
avant de se rendre en Belgique hier pour la promotion de son livre Dieu
merci (Bayard Presse) paraissait très affaibli: Il avait beaucoup
de mal à s'exprimer, il cherchait ses mots, raconte Pierre Aidenbaum,
qui constate sans fard: Il semblait paumé.
Il concède: De tout ce qu'il a déclaré, je ne veux
retenir que les phrases très claires qu'il a prononcées devant
les membres de la LICRA à l'encontre des conclusions de Garaudy.
Nous lui avons fourni des éléments de lecture assortis d'une
explication de texte. (AUTREMENT DIT, NOUS LUI AVONS DONNÉ LA VERSION
CANONIQUE DE CE QU'IL CONVIENT DE PENSER, AVEC LE MODE D'EMPLOI, ENCORE
MERCI, ORWELL!) Nous lui demandons seulement de retirer la caution morale
qu'il a donnée à ce livre.
Résonance
Nous sommes persuadés que vous resterez des nôtres,
a d'ailleurs courtoisement précisé le président de
la LICRA, qui veut ignorer le mot malheureux lâché hier encore
par l'abbé à propos des excès commis en généralisant
le fonctionnement des chambres à gaz dans tous les camps... C'est
du détail. (CE DÉTAIL EST UN MOT MALHEUREUX, QUAND IL S'AGIT
DE L'ABBÉ PIERRE, ET UN CRIME QUI VAUT UN MILLION DE FRANCS QUAND
C'EST LE PEN. AMUSANT CONTRASTE)
Grave, très, très grave, déplore pourtant M. Aidenbaum,
dans la bouche de l'homme le plus populaire de France et dont l'autorité
morale est incontestable. On est habitué à de telles dérives
dans la bouche d'un Faurisson ou d'un Garaudy. Mais cautionnés par
l'abbé Pierre, les mots ont une autre résonance. C'est dans
cette mesure que nous avons souhaité qu'il fasse amende honorable.
Sur plainte de la LICRA et du MRAP, le parquet a ouvert une enquête.
Les avocats de ces deux associations regardent maintenant à la loupe
l'ouvrage de Roger Garaudy pour y trouver les éléments qui
leur permettraient de se porter partie civile, non pas contre le révisionnisme
qui ne figure pas dans leurs statuts, mais contre l'antisémitisme
et le racisme.
Arlette NACHBAUR
p. 3
résistant exemplaire
Mobilisé en 1939 en Maurienne, puis en Alsace, l'abbé Pierre,
de son vrai nom Henri Grouès, tombe malade et est démobilisé.
De retour dans l'Isère, il devient alors vicaire à la cathédrale
de Grenoble. En 1942, il entre dans la résistance active où
sa conduite est exemplaire.
Alors que la zone sud n'est pas encore occupée, celui qui va devenir l'abbé Pierre ouvre les portes de son presbytère à de nombreux Juifs traqués et à des résistants. Il leur procure des faux papiers et les aide à passer en Suisse. En même temps, il organise le maquis dans le Vercors.
Recherché par la Gestapo, il change plusieurs fois d'identité et va se réfugier à Lyon puis à Paris, où il participe aux travaux du Conseil national de la résistance. Il effectue alors plusieurs missions en Espagne.
En 1944, il décide de gagner Alger où, pour la première
fois, il rencontre de Gaulle. En août, il est affecté comme
aumônier de marine au Groupe des écoles à Casablanca
ainsi que sur le Jean-Bart . Six mois plus tard, en 1945, il est rappelé
à Paris par le ministère et devient aumônier de la
marine.
Garaudy en examen
L'historien sulfureux, passé du protestantisme à l'islam,
en faisant un crochet par le catholicisme et le communisme, risque jusqu'à
un an de prison et 300 000 F d'amende
Roger Garaudy devra s'expliquer devant la justice. Hier après-midi
l'auteur du livré Les Mythes fondateurs de la politique israélienne
a été mis en examen pour contestation de crimes contre l'humanité
par le juge d'instruction parisien Hervé Stéphan.
Cette procédure fait suite à l'information judiciaire ouverte le 13 mars à Paris, après les plaintes déposées avec constitution de partie civile par deux associations de députés, l'UNADIF et la FNDIR, en vertu de l'article 24 bis de la loi sur la presse.
Refusant de répondre au défi de l'abbé Pierre qui
lui demandait de reconnaître qu'il s'était trompé,
Roger Garaudy a simplement indiqué: On m'accuse de tous les maux
et de bien d'autres encore.
Des maux venus de ces mots alignés sur 270 pages, d'abord publiées
par la maison d'édition négationniste La Vieille Taupe, dont
le patron Pierre Guillaume a également été mis en
examen, puis rééditées à compte d'auteur
Navet
L'universitaire Roger Garaudy prévient d'emblée:
Ce livre est l'histoire d'une hérésie ( ). Il passe alors
au crible les mythes théologiques du sionisme ( la terre promise
, le peuple élu ). Puis, en quatre chapitres, l'auteur évoque
le mythe du Procès de Nuremberg , nie le projet d'extermination
de Hitler ( La seule "solution finale" consistait à vider
l'Europe de ses juifs en les éloignant, dit-il. Aucun texte n'a
jamais été produit attestant que "la solution finale"
du problème juif était, pour les nazis, l'extermination ).
Et il remet en cause l'Holocauste, le dogme des six millions de juifs exterminés.
L'arme du crime? Selon les accusateurs, les "chambres à
gaz" Et voici que les juges n'en trouvaient pas de trace, affirme
Roger Garaudy. Sur ce sujet, écrivains et cinéastes ont contribué
selon lui, à la mystification. Du film Shoah, qu'il qualifie d'interminable
navet au Journal d'Anne Frank, ce "shoah-business" dit-il n'utilise
que des "témoignages", évoquant diverses manières
de "gazer" les victimes, sans qu'il nous soit jamais montré
le fonctionnement d'une seule "chambre à gaz .
Souffrance
En conclusion, l'ancien communiste converti à l'islam
après un passage par le protestantisme et le catholicisme, dénonce
les méfaits d'une mythologie sioniste fondée sur l'exploitation
par une nation qui n'existait pas lorsque furent commis les crimes, de
chiffres arbitrairement exagérés pour tenter de prouver que
la souffrance des uns était sans commune mesure avec celle des autres
(...).
Il répondra désormais de ses écrits devant le juge.
Avec pour perspective un renvoi devant le tribunal correctionnel et, à
terme, une peine d'un mois à un an de prison et 2 000 à 300
000 F d'amende.
Carine DIDIER
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Toujours dzans le même numéro de France-Soir:
Le front du refus: des livres et puis Internet
La France, pas seulement, mais la France tout de même. Il suffit
de parcourir la Revue d'Histoire Révisionniste, dirigée au
début des années 90 par Henri Roques, un universitaire dont
la présentation d'une thèse à Nantes fit grand bruit
en 1986, pour comprendre que la France fut et reste une des têtes
de pont de la négation de l'Holocauste. (ENCORE UN QUI A TOUT COMPRIS).
L'acte fondateur du mouvement français remonte à la publication
du Mensonge d'Ulysse par Paul Rassinier en 1949-50 [Note: lire à
ce sujet Comment l'idée vint à M. Rassinier par Florent Brayard
(Fayard)]. D'autres, pour qui le génocide juif constitue la mystification
du siècle, s'engouffreront dans la brèche (QUELLE BRÈCHE?
TOUJOURS CES CLICHÉS LAMENTABLES; GÉNOCIDE JUIF, EN FRANÇAIS
NON-JOURNALISTE DÉSIGNE UN GÉNOCIDE COMMIS PAR LES JUIFS.
pASSONS.) A commencer par Robert Faurisson, un universitaire qui déclencha
le scandale, au début des années 80, en parlant du prétendu
génocide des juifs.
Depuis 1978, il y a eu surtout, écrit l'historien Pierre Vidal-Naquet
dans Les Assassins de la mémoire (Points-Seuil), le travail acharné
et délirant d'une secte de l'ultra-gauche révolutionnaire:
la Vieille Taupe. (C'EST L'ÉCHAPPATOIRE LA PLUS COURANTE: DIRE QUE
LA VIEILLE TAUPE EST UNE SECTE, SURTOUT EN CES TEMPS O LES SECTES, LES
VRAIES, SONT ACCUSÉES, EN SUISSE, EN FRANCE, AU JAPON, DE PRATIQUER
LE MEURTRE COLLECTIF. C'EST LA VIEILLE TECHNIQUE POLICI RE DE L'AMALGAME.
LE PSEUDO VIDAL A INDIQUÉ LA VOIE AUX AUTRES FLICS DE LA PENSÉE.)
Mais comme il y a une internationale néo-nazie (PEUT- TRE DANS LE
GENRE "CONGRÈS JUIF MONDIAL"?), il existe une sorte d'internationale
du révisionnisme. Ces gens-là se connaissent, se rencontrent.
Leurs liens avec des groupes extrémistes de droite sont notoires.
(C'EST CURIEUX COMME LES "LIENS" SONT TOUJOURS "NOTOIRES".)
Parmi les chefs de file, beaucoup d'universitaires et des éditeurs.
La toile s'étend d'Europe (Allemagne, Autriche, Danemark) au Japon,
en passant par le Brésil (C'EST LE COMPLEXE DE SPIDERMAN: UNE TOILE
D'ARAIGNÉE À L'ÉCHELLE MONDIALE. CES PAUVRES BITARDS
SONT SANS IMAGINATION.)
L'Amérique du Nord semble constituer un refuge privilégié.
Arthur R. Butz, alors professeur à la Northwestern University d'Evanston
(Illinois), avec son ouvrage The Hoax of the 20th Century (La Mystification
du XXe siècle), inspira, en 1976,quelques vocations. Autant de thèmes
développés dans une revue intitulée The Journal of
Historical Review, émanation d'un institut basé en Californie.
Citons aussi Ernst Zündel, un Allemand vivant au Canada, graphiste
de profession, et qui édita, dans les années 80, une brochure
intitulée: Did six million really die ? (Y a-t-il eu vraiment 6
millions de morts ?) L'affaire donna lieu à un procès retentissant
(DONT FRANCE-SOIR N'A GU RE PARLÉ), relaté dans un volumineux
rapport (TOUS CES GUILLEMETS À VOCATION, RAPPORT. ON DEVRAIT EN
METTRE AUSSI À JOURNALISTE.) Le service après-vente dudit
rapport, préfacé par Faurisson, fut assuré en France
par Henri Roques.
Zündel, l'Allemand, a aussi travaillé avec Fred Leuchter,
un ingénieur de Boston, aux Etats-Unis, spécialisé
dans la mise au point de systèmes d'exécution capitale. Citons
encore David Irving, un historien britannique (QUI, SANS DOUTE, PROM NE
SON CHIEN LE DIMANCHE ) qui n'a rien à envier à l'Allemand
Wilhelm Stäglich, auteur du Mythe d'Auschwitz ou à l'Italien
Carlo Mattogno. Quant à Zündel, il tient aujourd'hui boutique
sur Internet.
Christophe Driancourt
L'Humanité, journal du parti communiste, 26 avril 1996
(commentaires majuscules d'un piéton de Paris)
Hommes, je vous aime. Veillez!
Charles Lederman ancien résistant, secteur
juif de la MOI.
Dans la crypte du Déporté dont la pointe s'avance
dans ce bras de la Seine proche du mémorial du Martyr juif inconnu,
on peut lire sur la stèle qui couvre une partie du sol: Ils sont
allés jusqu'au bout de la terre et n'en sont pas revenus. Ils ,
tous ces êtres arrachés à la vie et venus de l'Europe
entière pour être massacrés dans les camps d'extermination
nazis. Les juifs y furent menés les plus nombreux, en immenses cohortes
incessantes. Depuis quelques années, Faurisson. négationniste
patenté, les compte. (NULLEMENT, CE BRAVE LEDERMAN EST EN TRAIN
DE REVER) Roger Garaudy, depuis quelques mois, l'y aide. Il avait été
rejoint de façon stupéfiante par l'abbé Pierre qui,
se posant un moment historien, n'avait pas craint de confirmer à
Garaudy une amitié que ce dernier ne méritait pas, et qui
avait été accordée, c'est le moins que l'on puisse
dire, à la légère. (Y'A PERSONNE DANS LA SALLE QUI
POURRAIT LUI APPRENDRE LE FRANÇAIS?) Comme d'autres, je me suis
rendu à Auschwitz, et je regrette de n'y avoir pas rencontré
Roger Garaudy. Nous aurions pu, ensemble, compter cheveu par cheveu, le
nombre de ces femmes que les nazis avaient dépouillées de
leur chevelure pour en faire un textile humain, le nombre de ces minuscules
chaussures de bébés et d'enfants, le nombre de ces oursons
en peluche, le nombre de ces lunettes, le nombre de ces fauteuils roulants.
(TOUJOURS LA MEME SALADE SENTIMENTALE, VIEUX TRUC STALINIEN, RÉFECTION
D'AUSCHWITZ AVEC MISE EN SC NE. Y'EN A MARRE. ON A LES DOCUMENTS, ÇA
SUFFIT)Un million, veut-il bien admettre l'abbé. Mais un million
de massacrés, ce n'est pas un génocide d'autant plus qu'il
est resté au moins un survivant. Et Garaudy se fait exégète.
C'est tout juste un pogrom (un autre a dit un jour un détail ).
Et des pogroms, soutient-il, il y en a eu depuis toujours et partout. Alors,
s'il vous plaît, ne nous parlez pas de génocide.
A-t il, Roger Garaudy, le souvenir de ce qui s'est passé un jour
de janvier 1942 à Wannsee, près de Berlin, quand, sur les
ordres de Hitler, Himmler, son bourreau en chef, a mis la dernière
main à la solution finale, cette procédure infernale qui
devait aboutir à l'extermination, jusqu'au dernier, des juifs d'Europe?
(CE LEDERMAN EST VRAIMENT LE DERNIER DES CRÉTINS IGNORANTS. ILS
N'ONT PERSONNE D'AUTRE À L'HUMA, QUI AURAIT LU DES LIVRES?) A-t-il
le souvenir de ce que Jorge Semprun qui, lui, avait franchi les portes
de la mort et en est revenu, a dit des camps où la mort parlait
le yiddish, de cette période dont André Malraux a dit que
pour la première fois l'homme a donné la leçon à
l'enfer? (ILS NOUS RESSORTENT LE PATHOS DE MALRAUX. IL A D PIQUER ÇA
DANS UN DICTIONNAIRE DE CITATIONS) Roger Garaudy se défend en invoquant
le travail nécessaire des chercheurs . Nous avions entendu les mêmes
arguments en mai 1990, lors du débat à l'Assemblée
nationale sur la proposition qui est devenue la loi Gayssot. A ceux qui
avaient émis l'opinion qu'il fallait éviter de valider une
conception officielle de l'histoire, Jean-Claude Gayssot avait alors répondu:
De quoi s'agit-il? S'agit-il de refuser que le débat existe pour
interpréter tel ou tel fait historique? (...) Si tel était
le cas, cela ne pourrait être acceptable. Mais il s'agit de tout
autre chose. Il s'agit, sur un point précis, de ne pas remettre
en cause l'existence de faits, de faits absolument horribles pour servir
de justification soi-disant scientifiques à l'antisémitisme
militant. Aller jusqu'à nier l'existence des camps d'extermination
nazis où des millions de juifs ont été sauvagement
assassinés, considérer ce fait comme un détail n'entre
pas dans le champ de la controverse normale et nécessaire en matière
historique. C'est donner à comprendre, par une négation de
l'histoire, que ces faits qui ont une origine antisémite évidente
ne sont pas de l'ordre du condamnable, de l'horrible et que, tout compte
fait, l'antisémitisme dans ses réalités actuelles
est de l'ordre du banal. (QUELLE MALHONN TETÉ ! CES PETITS JDANOV
DE BANLIEUE, QUI ONT FAIT CE SORDIDE PETIT TRAFIC AVEC ROCARD, EN PORTERONT
LA HONTE, JUSQU'À LA DISSOLUTION PROCHAINE DE LEUR PARTI COMMUNISTE
QUI AURA DÉMÉRITÉ JUSQU'AU BOUT.)
Dans la crypte du Déporté, on peut lire sur les murs quelques
phrases de Vercors: Le jour où les peuples auront compris qui vous
étiez, ils mordront la terre de chagrin et de remords, ils l'arroseront
de leurs larmes et vous élèveront des temples. Mais les jours
ont passé et parce que beaucoup ont oublié que le ventre
est encore fécond d'où est sortie la bête immonde,
les négationnistes trouvent des éditeurs pour publier leurs
appels à l'exclusion, à l'intolérance, à la
haine. (on n'appelle à rien du tout, pauvre pomme, juste à
réfléchir avec sa tête et non pas avec ses doigts de
pied) Quelques heures avant d'être exécuté, dans une
lettre rédigée sous la potence, notre camarade de combat
pour la dignité, le résistant tchèque Julius Fucik,
a lancé un ultime appel: Hommes, a-t-il écrit, je vous aime.
Veillez! Comment, dans les circonstances que nous vivons, ne pas nous en
souvenir? (ces pauvres types ressassent depuis 1945 les mêmes pauvres
citations gonflées d'héroïsme comme des pets de cheval
mort. Ils feraient mieux de se souvenir de la façon dont ils ont
fait crever leurs ennemis politiques dans les camps allemands, et de l'avouer,
ce qu'on attend toujours.)
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Même page de L'Huma
La décision prise hier par le juge Hervé Stéphan
s'appuie sur la loi Gayssot, qui punit la contestation de crimes contre
l'humanité. Mercredi soir, l'abbé Pierre a demandé
à Roger Garaudy de reconnaître qu'il s'est trompé.
Auteur d'un livre dans lequel il prétend qu'il n'y a jamais eu de
génocide juif durant la Seconde Guerre mondiale, Roger Garaudy a
été mis en examen, hier, pour contestation de crimes contre
l'humanité . Menée par le juge parisien Hervé Stephan,
cette procédure s'appuie sur la loi Gayssot de 1990, devenue la
bête noire des révisionnistes et négationnistes. Dans
l'ouvrage qui lui vaut d'être mis en examen, Roger Garaudy qualifie
carrément cette loi de monstruosité . (DE QUOI D'AUTRE LA
QUALIFIER?) Par contre, pour ce qui est des crimes nazis, des millions
de juifs exterminés dans les camps, et d'Auschwitz en particulier,
le philosophe ne voit là rien de monstrueux. (MENSONGE IGNOBLE DU
JOURNALISTE)
Pour que cela soit monstrueux, il faudrait que cela ait réellement existé. Ce que nie Garaudy. L'Holocauste? Un mythe. Les six millions de victimes? Un dogme. La Shoah? Une invention des lobbies juifs qui, comme chacun le sait bien, avait pour but d'alimenter une shoah-business, expression très prisée chez les antisémites déclarés, et que Roger Garaudy reprend à son compte. Et de dérives en glissements, pour en arriver à ces mythes fondateurs de la politique d'Israël , titre d'un livre qui résume bien une démarche détestable: trouver dans la critique de la politique de l'État d'Israël une justification à une révision de l'Histoire.
Dès la parution de l'ouvrage à la fin 1995, aux éditions
La Vieille Taupe, repaire obscur des révisionnistes et de leur chef
de file Faurisson, (AH ! CE REPAIRE OBSCUR , DU VRAI MALLARMÉ !)le
MRAP engageait des poursuites. (FAUX, ON L'A VU: JE PROPOSE LE MRAP, UN
REPAIRE OBSCUR DE VAUTOURS VANTARDS ) Des plaintes étaient ensuite
déposées par I'UNADIF et la FNDIR, deux associations de déportés
et de résistants. Et la décision de l'Amicale des déportés
de Buna-Monowitz-Auschwitz III de se constituer partie civile va encore
renforcer l'accusation. (RENFORCER, OU ENCORE UNE FOIS RIDICULISER ?)
On m'accuse de tous les maux et de bien d'autres encore, a déclaré
Roger Garaudy après sa mise en examen. Le philosophe, qui a choisi
Me Jacques Vergès pour avocat, n'a pas réagi explicitement
au nouveau revirement de son vieil ami I'abbé Pierre, sur ce qui
est devenu l'affaire dans l'affaire. Après avoir soutenu sans la
moindre réserve la démarche négationniste de Roger
Garaudy, le chiffonnier d'Emmaüs n'a cessé de se prendre les
pieds dans le tapis, par des déclarations aussi nombreuses qu'ambiguës.
La dernière date de mercredi soir. Invité à s'expliquer
devant la LICRA, dont il est membre du comité d'honneur, l'abbé
Pierre a indiqué avoir reçu un texte du Pr Léon Schwartzenberg,
contredisant, arguments à l'appui, les conclusions de Roger Garaudy.
Puis, solennel: Je lance un défi à Roger Garaudy pour qu'il
reconnaisse qu'il s'est trompé.
On pourrait donc croire le doute levé s'il n'avait ajouté:
Je réexprlme ma confiance en l'homme Roger Garaudy. Il ne ment pas.
Plus gênante encore, (CE QUI MONTRE QUE CES GENS SONT GENÉS
PAR L'AFFIRMATION QUE GARAUDY N'EST PAS UN MENTEUR) cette remarque de l'abbé
Pierre notée par plusieurs participants: Je n'ai aucun doute sur
l'existence des camps de concentration. Mais il semble qu'il y ait pu y
avoir des excès en généralisant le fonctionnement
des chambres à gaz dans tous les camps. C'est du détail
GILLES SMADJA
Le Monde, 26 avril 1996
Le recul de l'abbé Pierre sur son soutien à
M. Garaudy est jugé ambigu par la Licra
avait tenu à venir en personne, mercredi 24 avril, s'expliquer devant le conseil exécutif de la Licra (Ligue contre le racisme et l'antisémitisme). (D'APRES LES AUTRES JOURNAUX, IL A ÉTÉ CONVOQUÉ) Cette organisation avait en effet envisagé de l'exclure de son comité d'honneur, dont celui-ci fait partie depuis une vingtaine d'années, à la suite du soutien public apporté par le fondateur d'Emmaüs à Roger Garaudy. La confrontation fut tendue. Si les propos du prêtre ont paru quelque peu apaiser les membres de la Licra, ils n'en ont pas pour autant dissipé le malaise qui continue à entourer l'étrange engagement public d'une des personnalités les plus populaires de France aux côtés d'un homme professant des opinions négationnistes.
Après un appel solennel à l'abbé Pierre lu par Pierre Aidenbaum, président de l'organisation, lui demandant de retirer publiquement sa caution morale au livre de Roger Garaudy , celui-ci a pris la parole, affirmant que ce soutien ne concernait que l'homme, Roger Garaudy, et non un livre: Je n'entre pas dans ce que le livre contient, je ne l'al pas lu. Mais cet homme [Roger Garaudy] est honnête. Si on lui apporte un document lui prouvant qu'il s'est trompé, il le reconnaîtra. Sur aucun point, je ne soutiens une thèse de Roger Garaudy.
Léon Schwartzenberg, un homme avec qui je travaille ajoute-t-il,
lui a fait parvenir un document de vingt pages réfutant point par
point et de façon convaincante aux yeux de l'abbé Pierre
les thèses soutenues par Roger Garaudy. Si ce dernier, continue
l'abbé Pierre, refuse le débat, le dialogue voire le colloque
qu'il continue à appeler de ses v ux, s'il rejette les critiques
contenues dans le document, alors l'abbé P erre ne pourrait plus
conserver son estime à Roger Garaudy. C'est, à l'en
croire, une sorte de défi qu'il lui lance, et dont il garantit à
la Licra la même publicité qu'a reçue sa lettre de
soutien
Ébauche de marche arrière? A certains, elle paraît
bien ambiguë. Jean-Pierre Bloch, président d'honneur de la
Licra, trouve ainsi la démarche inacceptable , et tout aussi
inacceptable de refaire ainsi le procès de Nuremberg et d'offrir
un débat, c'est-à-dire une tribune, à un ouvrage qui
est abject. Est-il besoin ainsi, cinquante ans après, d'apporter
les preuves du génocide, s'étonne-t-on dans l'assistance?
(ÉTONNANT, ET POURTANT VRAI )
Je n'ai aucun doute sur le génocide, et je suis d'accord sur
l'énormité du crime, qu'il y ait eu cinq ou six millions
de victimes , dit l'abbé Pierre. (VOYEZ CET AFFREUX CURÉ,
IL CONTINUE A FAIRE DES RÉSERVES MENTALES. C'EST INSUPPORTABLE)
Pourtant, il maintient que des chiffres ont été exagérés
et s'avance jusqu'à dire que, en parcourant l'ouvrage, il a été
frappé par l'un des passages dans lequel Roger Garaudy met en doute
le sens de l'expression solution finale et dit qu'on ne la trouve
dans aucun document signé par Hitler. (LÀ, LES GRANDS EXPERTS
N'ONT, SEMBLE-T-IL, RIEN À RÉPONDRE. AU VRAI, ILS S'EN FOUTENT)
Je souhaite que vous restiez des nôtres, a conclu Pierre Aidenbaum
(POUR QU'ON PUISSE CONTINUER À VOUS UTILISER) et que ce moment
difficile ne soit qu'un moment. La tendance, au siège de la
Licra, était clairement à l'apaisement. Mais guère
à la satisfaction.
Nicolas Weill
Lettre à l'abbé Pierre
par Jacques Gaillot
(POUR CEUX QUI NE SONT PAS ENGAGÉS DANS LES LUTTES DE LA GAUCHE
MONDAINE (HOMOSEXUELS, SIDA, ÉTRANGER-MON-FRERE) GAILLOT, ÉVEQUE
CATHOLIQUE, EST UNE CARICATURE, QUE M ME L'ÉGLISE OFFICIELLE TIENT
À DISTANCE.)
L'amitié et le respect que je porte à la personne de l'abbé
Pierre rendent difficile mon intervention. Tant d'actions et de rencontres
nous ont rendus proches auprès des exclus Mais je ne peux me taire,
(c 'est vrai qu'il ne sait pas se taire) ayant été consterné
et peiné de trouver sous la plume du fondateur d'Emmaüs une
si forte caution donnée à des propos à caractère
négationniste. (SUJET SUR LEQUEL NOTRE ÉV QUE EST CONNU COMME
UNE VÉRITABLE ÉMINENCE ) Je ne cherche pas d'excuses: une
longue amitié avec Roger Garaudy, une erreur d'appréciation,
l'âge..., non, l'affaire est trop importante pour qu'on n'en mesure
pas les conséquences dans l'opinion. L'immense popularité
de l'abbé Pierre risque de créer le trouble dans beaucoup
d'esprits. Ce qu'il dit aura des répercussions non négligeables
car les négationnistes jettent le soupçon sur un événement
d'histoire dont la réalité est avérée et dont
nous voulons garder la mémoire. (C'EST PLUS SIMPLE, COMME ÇA,
IL N'Y A PLUS DE PROBLEME. ENCORE UN PAUVRE BOUGRE QUI NE SAIT PAS DE QUOI
IL PARLE. PAIX SUR LUI)
Il s'agit bien ici d'un court-circuit entre, d'une part, ce que représente celui dont les interventions défendent avec beaucoup de courage les exclus et, d'autre part, les pires excès dont se nourrissent les lepénistes. Il n'est pas possible de tenir ensemble des positions qui prennent le parti des pauvres et celles qui favorisent le négationnisme. Car les négationnistes sont des néonazis. (QUEL NE!) Le révisionnisme assassine la mémoire de ce qui a été perpétré à Auschwitz et dans les autres camps d'extermination. (ON N'ASSASSINE DES GENS, PAS DES MÉMOIRES, TRIPLE BUSE. C'EST DE LA MAUVAISE LITTÉRATURE. DIRE DE CERTAINES GENS, COMME SIMONE VEIL, QU'ILS NE SONT PAS MORTS NE PEUT PAS LEUR FAIRE DE TORT, COMPREND-IL CE QU'ON LUI DIT CE CURAILLON ?) L'antisémitisme bafoue les droits de l'homme.
Ce qu'écrit Roger Garaudy est inacceptable, mais son crédit n'a rien à voir avec celui de l'abbé Pierre. Le danger serait dès lors de laisser se propager dans l'opinion l'idée que l'abbé Pierre apporte sa caution aux négationnistes et au sentiment antisémite. Ce qui est totalement faux. Un tel amalgame aurait des conséquences gravement pernicieuses.
Mais n'est-ce pas à l'abbé Pierre lui-même de nous
dire, beaucoup plus clairement qu'il ne l'a fait jusqu'à présent,
avec les mots dont il a le secret, avec la conviction qui l'habite, qu'il
n'apporte aucun soutien à toutes ces infamies, ni de près
ni de loin, ni en raison de l'amitié qu'il porte à telle
personne. Pour le respect de l'histoire, et pour l'honneur de l'homme.
Jacques Gaillot
Quand l'abbé Pierre beugle Ta gueule! à Le Pen. tout un
chacun lui sait gré de cette preuve authentique de fraternité.
Mais voilà-t-il pas qu'il constate qu'on a grossi les faits et les
chiffres evant l'horreur du nazisme? Du coup, en reprenant les arguments
révisionnistes qui alignent si légèrement les "
vérités " sur le nombre des juifs tués dans les
camps, il rouvre, selon Le Figaro des plaies insupportables. Que,
dans les années 50, le député MRP (et déjà
prêtre) Henri Grouès soit devenu l'intime du stalinien, épurateur
fanatique, Garaudy lui valait depuis l'estime générale; mais
qu'il ait fait l'éloge (tout en précisant qu'il l'a seulement
parcouru, ce qui lui permettra un repli stratégique en cas de besoin)
du livre du même Garaudy sur Les mythes fondateurs de la politique
israélienne (2), et il risque l'enfer médiatique. L'expert
Serge Klarsfeld ne décèle-t-il pas en lui un vieux fonds
d'antisémitisme chrétien toujours vivace?
Seule excuse au crime de l'abbé Pierre, titre repris jusqu'à
la nausée: son âge qui le rend inconscient et manipulable.
Bref, le Français le plus célèbre du monde, le contemporain
le plus chéri des Hexagonaux, l'interlocuteur privilégié
voire l'inspirateur, de Chirac et de Juppé serait gâteux.
Que ne s'en était-on avisé avant ! Et n'est-il pas curieux
que s'indignent de sa provocation contre la mémoire juive ceux-là
mêmes qui ont applaudi à toutes ses provocations contre l'identité
française?
Défenseur de son coreligionnaire Garaudy, protestant successivement
converti au catholicisme puis à l'islam, Me Jacques Mansour Vergès
dénonce l'imposture qui consiste à qualifier le livre de
son client de négationniste car, explique-t-il, Roger Garaudy ne
nie pas que des massacres intolérables de juifs ont été
commis . il estime simplement inutile d'en rajouter et d'occulter un débat
historique
Bravo, mais ce raisonnement nous rappelle quelque chose: ne l'a-t-on pas entendu maintes fois dans l'enceinte de la XVllème Correctionnelle, lors des plaidoiries de nos avocats en particulier? Il s'applique en effet à tous ceux qui, depuis Rassinier et Faurisson, se sont voués à la libre recherche historique, parfois au péril de leur vie, et qui ont vainement réclamé le débat que l'abbé Pierre adjure aujourd'hui les historiens d'ouvrir avec Garaudy. Un v u pieux?
Reste une bizarrerie: poursuivi par le Parquet, le philosophe devrait faire l'objet d'une plainte du Mrap Mais, en une telle affaire, et puisqu'il s'agit bel et bien de délit de contestation de crimes contre l'humanité et non de simple diffamation raciale, ne sont-ce pas plutôt nos amis de la Fndirp, de l'Unadif, des Anciens de Buna-Monovitz, de l'Amicale d'Auschwitz 3, etc. qui devraient se porter parties civiles comme ils l'ont fait sans relâche contre Pierre Guillaume, Alain Guionnet, Vincent Reynouard, Robert Faurisson et/ou notre journal notamment, sans oublier le procès canon (plus de 1,4 million de francs de dommages et intérêts sans parler des amendes) contre Jean-Marie Le Pen? Pour le président du Front national, le recours aux chambres à gaz homicides dans l'extermination des juifs était un point de détail de la seconde guerre mondiale Pour Garaudy, si longtemps fleuron du Bureau politique du PC F et vedette des Fêtes de l'Huma, il n'y a même pas détail mais le doute (...) et même le scepticisme, du moins tant que n'aura pas lieu, entre spécialistes de compétence égale, un débat scientifique et public (...) sur les chambres à gaz (3). Alors, que fait Me Lorach?
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O EST L'ESSENTIEL?
Denis PESCHANSKI, chercheur au CNRS:
Depuis très longtemps, les historiens ont largement revu à la baisse ce chiffre, mais cela n'enlève rien à la réalité de l'extermination.
Me Serge KLARSFELD, président des Fils et Filles des Déportés juifs de France:
Qu'on tombe à cinq millions, qu'on monte à six millions
et demi, là n'est pas l'essentiel.
Après Nuremberg, on a avancé le chiffre global de six
millions de morts. Des travaux plus appropriés ont ensuite été
menés. Mais cela ne change rien
Le faux combat de l'abbé Pierre
prétenduement un compte-rendu d'un livre de Roberto Bobbio,
Droite et gauche?
Le Monde, 26 avril 1996.
Par Roger-Pol Droit
(Extrait, accompagné de commentaires majuscules dûs à
un piéton de Paris)
[ ] Les clivages politiques sont aussi affaire d'émotion. Indignation
ou indifférence, pitié ou sarcasme, solidarité ou
domination ne sont jamais de purs effets des idées. Ne pas supporter
les iniquités engendrées par l'égoïsme, tenter
d'alléger des souffrances, agir concrètement pour diminuer
la misère, combattre effectivement les inégalités,
ces traits de gauche dépassent le cadre restreint des partis.
On les retrouvait, exemplairement, chez l'abbé Pierre. Jusqu'à la semaine dernière, ce lutteur était jugé de gauche (PAR QUELQUES IDIOTS, ÉGALEMENT DE GAUCHE, AVIDES DE RÉCUPÉRATION), engagé aux côtés des exclus, des laissés-pour-compte. Il a mille fois rappelé, en termes forts et justes, contre les torrents de l'indifférence et de l'oubli, que les plus démunis sont hommes à part entière, qu'existe pour tous une même dignité. De la Résistance et de l'hiver 1954 jusqu'au 19 avril 1996 il était admirable. Sa canonisation semblait presque assurée. Soudain, finie la sainteté. (ROGER-POL DROIT, CHEF AUTO-PROCLAMÉ DES VIGILANTS, EST MAINTENANT DISTRIBUTEUR DE BREVET DE SAINTETÉ. AVIS A S UR THERESA) Comme une étrange et d'abord incompréhensible déflagration a surgi cette lettre longue, détaillée, chaleureuse pour soutenir Roger Garaudy, sans avoir lu son libelle abject, (D'ABORD S'IL NE L'A PAS LU CRAYON À LA MAIN, IL L'A LU. ENSUITE, CE LIVRE N'EST PAS UN LIVRE, C'EST UN LIBELLE, ET EN OUTRE UN "LIBELLE ABJECT", CE QUI NOUS AUTORISE, POUR RESTER DANS LA M ME VEINE QUE JEAN-POL DROIT N'EST PAS UN JOURNALISTE MAIS UN PLUMITIF, ET UN PLUMITIF ABJECT) qui tombe sous le coup de la loi Gayssot interdisant les publications négationnistes (1). (ET LÀ, ÉVIDEMMENT LE PLUMITIF EST POUR LA LOI QUI CENSURE.)
La dernière en date des conversions de Garaudy l'a mené en effet dans les mêmes eaux troubles que certains fanatiques, conduits par leur antisémitisme à minimiser ou à nier l'existence du génocide des juifs par les criminels nazis. (IL VAUT MIEUX NE PAS PARLER DE TOUS CEUX QUI, DANS CETTE GAL RE, NE SONT NI FANATIQUES NI ANTISÉMITES, COMME GARAUDY JUSTEMENT.) L'ancien philosophe développe maintenant des thèses de ce genre. Il s'en prend également au tribunal de Nuremberg, au sionisme tribal , à la domination quasi totale des médias d'Amérique et de France par le sionisme israélien . (POURQUOI, C'EST PAS VRAI?) L'abbé Pierre félicite cet auteur pour son érudition (cela est insensé: le livre n'a rigoureusement rien d'érudit) (A PART LE FAIT QU'IL EST ESSENTIELLEMENT FONDÉ SUR DES CITATIONS RÉFÉRENCÉES), souhaite que s'ouvre, avec des historiens vrais , un débat sérieux. A-t-on bien lu? On se frotte les yeux: le fondateur d'Emmaüs, l'ennemi affiché du Front national, celui qui fut, ces derniers temps, l'homme de Sarajevo, de la rue du Dragon, de Saint-Ambroise... considère-t-il comme une juste cause, ou même comme un sujet de débat légitime, ce ramassis d'élucubrations nauséeuses? (EXACTEMENT, ET IL CONSID RE M ME QUE CE DÉBAT SERAIT TR S IMPORTANT ET TR S URGENT, MAIS PAS AVEC LES MENTEURS QUI CALOMNIENT GARAUDY, IL LE DIT EXPRESSÉMENT.)
La vieillesse, ce naufrage, disait de Gaulle. Le vieil homme
se dit à bout de forces, mais il a souligné son estime pour
le beau livre de Garaudy. Il a décidé en conscience de mettre
ce qu'il symbolisait la solidarité avec les persécutés,
la confiance des humiliés, l'autorité morale au service des
divagations ignobles d'un ami. (PARCE QUE PASSER DE L'ÉTAT DE PHILOSOPHE
À CELUI D'INDICATEUR DE BASSE POLICE IDÉOLOGIQUE N'EST PAS
IGNOBLE. C'EST M ME PROBABLEMENT TRES NOBLE.) Gauche ou droite? La question
ne se pose plus: il a dévié, si vite qu'une vieille fracture
doit en être la cause, dans un chemin transversal. (ATTENTION. ICI,
NOUS ALLONS AVOIR L'EXPLICATION SOCIO-THÉOLOGIQUE, LA PENSÉE
PROFONDE DE JEAN-PAUL DROIT: ) Le paysage n'est pas divisé en deux
parties uniformes et lisses. D'autres lignes le traversent, venant de bien
plus loin que l'invention des démocraties parlementaires. (QUELQUE
CHOSE COMME DE L'HISTOIRE D'AVANT 89? ON A DU MAL À LE CROIRE) Parmi
ces lignes transversales, la longue haine des chrétiens envers les
juifs n'est pas la moindre, avec son cortège interminable d'injures
et de massacres. (LES DERNIERS DOIVENT BIEN REMONTER AU XIIe OU XIIIe SI
CLE D'AILLEURS BIEN PEU DE CHOSES SI ON PENSE AUX MASSACRES DES GUERRES
DE RELIGION.) C'est pourquoi l'affaire pourra difficilement cesser en
quelques jours, contrairement à ce que croit le héros
lui-même. Ce faux combat de l'abbé Pierre a de quoi longuement
rendre triste, et inquiet.
Que verra-t-on? Nul ne sait. Imaginons. Pour les optimistes: l'abbé
Pierre lisant de près le long tract lamentable qu'il n'a fait que
parcourir, revenant sur ses déclarations, comprenant à quelle
infamie il a été conduit par des man uvres perverses. Pour
les pessimistes, l'embarras du choix: le Front national organisant pour
l'abbé Pierre une fête de retour du fils prodigue, les pèlerins
d'Emmaüs se scindant en organisations rivales, des intellectuels catholiques
se croyant autorisés à rouvrir la chasse aux juifs, (ON SAIT
ÉVIDEMMENT QU'ILS N'ATTENDENT QUE ÇA, L'OUVERTURE DE LA CHASSE
) d'autres prenant le maquis, quelques rédactions ne sachant plus
que faire, l'épiscopat en émoi, l'Assemblée nationale
irritée, des négationnistes enfin considérés
comme des historiens Peu importe ces hypothèses de hasard. Leur
invraisemblance relative dessine l'ombre de l'imprévisible, (ÇA,
C'EST AU MOINS DU NIETZSCHE! QUELLE PUTAIN DE CULTURE IL A CE JEAN-BAPTISTE
DROIT) le sentiment que s'ouvrent, peut-être, des turbulences sans
commune mesure avec le pauvre ouvrage de Garaudy.
La politique ne serait-elle, dans le fond, qu'une affaire de souvenirs
d'enfance? Derrière les stratégies et les discours, n'y aurait-il
que les empreintes confuses et indélébiles des émotions
premières? D'où viennent ces émotions? Quel lien existe
entre le triste trébuchement de l'abbé Pierre et un vieux
fond antisémite du christianisme? (CETTE SORNETTE MILLE FOIS RÉPÉTÉE
EST LASSANTE. C'EST L'ÉGLISE QUI A PROTÉGÉ LES JUIFS.
SANS LE CHRISTIANISME ET L'ISLAM QUI L'ONT PROLONGÉ, LE JUDA SME
AURAIT DISPARU DEPUIS L'ANTIQUITÉ. L'HUMANITÉ S'EN PORTERAIT
SANS DOUTE MIEUX.) Ce sont d'autres questions embarrassantes.
(l) Le Monde des 20, 21-22 avril et 23 avril.
Note du piéton de Paris:
obligé, par ces pénibles circonstances, à feuilleter
la presse parisienne avec des gants chirurgicaux, je ne voudrais pas attraper
de maladie honteuse je tombe, sous l'article de France-Soir consacré
à la démolition de l'abbé, sur une petite annonce
ainsi libellée : Roger Paul, déclaré en préfecture
depuis 1961, toutes missions, enquêtes privées industrielles
etc. Préparations de constats, etc. . Mais c'est bien sûr!
Roger Pol est un philosophe privé., un successeur de Nestor
Burma, l'humour en moins.
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